RD Congo : La Banque mondiale donne 92 millions de dollars pour les infrastructures de télécommunications

RD Congo: don de 92,1 millions $ de la Banque mondiale pour les infrastructures télécoms (src: Agence Ecofin, 21 juillet 2014)

lundi, 21 juillet 2014 19:33

(Agence Ecofin) – La Banque mondiale vient d’accorder à la République démocratique du Congo un don de 92,1 millions de dollars, en appui à la 5ème phase du Projet de dorsale de télécommunications en Afrique centrale.

Selon un communiqué de la Banque mondiale, ce financement de l’Association internationale de développement (IDA) permettra de développer les tronçons manquants dans le réseau national de fibre optique et de remédier ainsi à la distance qui sépare les pôles économiques les plus densément peuplés du pays, Kinshasa (à l’Ouest), Goma (à l’Est) et Lubumbashi (au Sud). Un partenariat public-privé assurera la participation d’investisseurs privés.

Grâce à ce nouveau réseau entre les trois centres économiques du pays, les opérateurs télécoms privés auront accès à des infrastructures partagées qu’ils auraient été incapables de financer autrement, et seront ainsi en mesure d’offrir des services concurrentiels en continu sur tout le territoire. Un volet d’assistance technique prévu dans le projet contribuera à améliorer la gouvernance dans le secteur.

« Ce projet s’inscrit dans l’Initiative du Groupe de la Banque mondiale en faveur de la paix, de la stabilité et du développement économique dans la région des Grands Lacs. Il s’agit de développer les communications entre l’Est du pays et la capitale Kinshasa mais aussi d’améliorer la connectivité de la RDC avec les autres pays des Grands Lacs », précise Colin Bruce, directeur de l’intégration régionale en Afrique à la Banque mondiale.

Le projet de dorsale de télécommunications en Afrique centrale vise à déployer de réseaux interconnectés dans le but de constituer un maillage régional grâce à des investissements adaptés.

Mon commentaire :

Sur quels critères le montant de ce don de la BM à la RDC a-t-il été déterminé ? Sur le vu de quelle(s) étude(s) et selon quelles hypothèses relatives au réseau à réaliser ? Le document de l’agence Ecofin n’en dit pas mot. Il faudra donc chercher des éléments de réponse en se référant au seul élément connu : le montant du don accordé à la RDC par la Banque mondiale.

Ce montant permet de réaliser environ 5 000 à 5 600 km (au coût moyen de ~17 k$/km, fourchette basse). C’est de l’ordre de grandeur du réseau qu’il faut déployer pour réaliser l’infrastructure citée par l’article, interconnectant Kinshasa, Goma et Lubumbashi.

En l’occurrence et en s’appuyant sur le réseau routier existant* , ce réseau serait formé d’un segment Kinshasa- Kananga ( ~1 100 km), d’une boucle Kananga-Kisangani-Bukavu- Lubumbashi- Mbouli Mayi-Kananga (~4 150 km) et d’un segment Bukavu- Goma (120 km). Il présenterait deux segments fragiles car linéaires, donc sans diversité de routage, dont le premier d’une longueur dépassant 1 000 km ! A terme il devra être doublé par un câble à FO déployé selon un itinéraire disjoint du premier.

En fait, la totalité du réseau dorsal national de la RDC et sous-régional d’Afrique Centrale devront être révisés car en intégrant aussi le câble FO sous-fluvial Brazzaville-Kinshasa qui a été posé hors toute concertation sous-régionale.

Mais une question essentielle reste ouverte : ce financement par la BM ne concerne (apparemment) que l’investissement nécessaire à la réalisation des infrastructures en câble (« Capex »). Qu’en est-il de la prise en compte des coûts opérationnels (« Opex ») ? Qui abondera un budget initial (recrutement du personnel et moyens logistiques indispensables) puis les budgets annuels du fonctionnement de ce vaste réseau ? Quelles organisations fonctionnelle et opérationnelle –dont le rôle et les tâches sont particulièrement difficiles dans ce vaste pays- envisage-t-on AVANT de déployer ce réseau ? C’est une condition sine qua non pour que ce don de près de 100 millions de dollars n’engendre pas un « éléphant blanc » supplémentaire.

Je reste donc plus que réservé sur l’efficacité de ce « don » en attente de réponses à la question essentielle posée.

Enfin, une question subsidiaire se pose. Le gouvernement de la RDC vient de signer avec Orange un « accord stratégique » accordant à Orange la gestion technique du réseau national FO « y compris la station de Moanda ». Cet accord comprendra-t-il le futur réseau issu du projet financé par la BM ?

Décidément on trouve un grand nombre d’acteurs impliqués dans ce réseau dorsal national sauf l’UIT dont on remarquera l’absence dans tous les communiqués relatifs à ce réseau si contesté. La tournée de quatre jours de son Secrétaire général en juillet 2014 qui a fait l’objet d’un communiqué de presse du Ministère des Postes et des TIC/Télécoms, ne fait aucune référence au projet de la BM. Il y a comme du « doublon » dans l’air …

* cf http/www.mapanddata.com/carte-de-la republique-democratique-du-congo-version-relief.html

A Strasbourg, le 25 juillet 2014
Jean-Louis Fullsack
Directeur adjoint honoraire de France Télécom
Ancien Expert principal et Coordonateur de projet près l’UIT (1978-1998)

 

La Banque Mondiale va coopérer avec le Ministère des PTNTIC pour promouvoir les télécommunications en RD Congo

La Banque Mondiale va coopérer avec le Ministère des PTNTIC en RD Congo (src: Présidence de la République démocratique du Congo, 3 décembre 2013)

L’article suivant date de neuf mois, mais il est symptomatique de la démarche de la BM et de sa stratégie -pour le moins discutable- en termes d’infrastructures des télécommunications en Afrique. Il est donc toujours d’actualité.

L’information :
Source : site de la Présidence de la République démocratique du Congo
URL : http://www.presidentrdc.cd/spip.php?article342

3 décembre 2013:
Le Gouvernement de la République Démocratique du Congo,s’attaque désormais à d’autres axes d’implémentation de la fibre optique sur le territoire national grâce à la banque Mondiale après la première phase du backbone national bouclée par la signature des contrats commerciaux de location des capacités presque achevée entre la SCPT et les principaux opérateurs GSM, indique un communiqué de presse Ministère des Postes, Télécommunications et Nouvelles Technologies de l’Information et de la Communication remis samedi à l’ACP. C’est dans cette perspective que Ministre des Postes, Télécommunications et Nouvelles Technologies de l’Information et de la Communication, le professeur Tryphon KIN-KIEY MULUIMBA, a reçu en audience mercredi 2 octobre 2013 à Kinshasa, une délégation de la Banque Mondiale. Conduite par Monsieur Jérôme Bezzina, Economiste Principal de la régulation et Responsable du Programme de mise en place des réseaux haut-débit des télécommunications en Afrique Centrale (Central African Backbone – CAB), la mission de cette délégation entre dans le cadre de l’assistance technique de la Banque Mondiale au Gouvernement en matière de dialogue sectoriel TIC. Son objectif est de faire le suivi de la requête de financement et d’avance de Préparation de fonds (PPA) pour le programme régional de réseau à fibre optique de l’Afrique centrale (Projet CAB 5). La délégation de la BM a évoqué avec le Ministre Tryphon KIN-KIEY MULUMBA les modalités de mise en œuvre de la phase de préparation du Projet CAB5, mais aussi les questions de politiques sectorielles concernant la finalisation du protocole d’accord entre acteurs publics et privés pour la mise en place d’une structure de portage PPP en charge de construire, gérer et maintenir le backbone. A cet effet, la délégation de la BM a fait part au Ministre de la détermination de cette institution à faire progresser le dossier, dont le coût est évalué entre 100 et 150 millions de dollars, soulignant que cette détermination procédait du fait que le projet est porteur de croissance et créateur d’emploi hors secteur minier. Il devrait être bouclé au cours de l’exercice fiscal 2014. La deuxième nouvelle apportée par la délégation de la Banque Mondiale avait trait au financement, dans les semaines à venir, d’un atelier regroupant plusieurs ministères et services publics. Deux objectifs sont assignés à ce séminaire. Premièrement : finaliser les cinq (5) avant-projets de lois appelés à fixer le nouveau cadre légal et réglementaire du secteur des postes, télécommunications et nouvelles technologies de l’information et de la communication après les évolutions intervenues depuis 2002, notamment en matière des transactions électroniques et de cybercriminalité. Deuxième objectif du séminaire : réfléchir sur la problématique des tarifs dans le secteur des télécommunications afin de mettre fin à la guerre impitoyable des prix entre opérateurs. La délégation de la Banque Mondiale a fait part de sa satisfaction pour l’intérêt affiché par le Gouvernement à l’égard du projet, soulignant son caractère intégrateur, non seulement parce qu’il va contribuer à désenclaver le pays, mais aussi parce qu’il impliquera plusieurs départements de la Banque Mondiale. Le Ministre KIN-KIEY MULUMBA a remercié la délégation de la Banque Mondiale, saluant un projet qui, avec beaucoup d’autres dans le cadre de la fibre optique, va contribuer à éviter à la RDC de rester un éternel trou noir au cœur de l’Afrique. Il s’est réjoui de la proposition de désignation d’un expert de la Banque Mondiale auprès du Ministère des PTNTIC pour jouer le rôle de coordination et d’animation des projets financés par l’institution de Bretton Woods.
ACP
Mon Commentaire :
Plusieurs questions restent sans aucun élément de réponse.

1 – Le déploiement des réseaux de télécommunications dans les pays en développement relève des fonctions essentielles de l’UIT, et plus particulièrement de son Bureau du développement (UIT-T). Pour quelle raison la Banque mondiale se substitue-t-elle à cette agence spécialisée onusienne ?
Inversement, on peut s’interroger sur l’absence de l’UIT dans un projet de cette importance pour l’Afrique centrale.

2 – La mise en œuvre de la phase 5 du projet CAB suppose réalisées les phases précédentes, or les recherches effectuées ne trouvent nulle trace de cette réalisation, fût-elle partielle.

3 – Quelle organisation d’exploitation/gestion/ entretien de ce réseau la BM prévoit-elle pour le réseau dorsal projeté ?

4 – La constitution d’un partenariat public-privé (PPP) « chargé de construire, gérer et maintenir » ce vaste réseau dorsal est la réponse systématique de la BM, voire la condition qu’elle impose pour financer un tel projet, en dépit d’échecs retentissants de cette « solution » (voir Africa ONE). Quels « partenaires » de l’Etat de la RDC la BM envisage-t-elle ?

5 – Sur quelles études est fondé le montant de ce projet « dont le coût est évalué entre 100 et 150 millions de dollars » ? Que comprend ce montant ?
Uniquement les coûts d’investissement (« Capex) du réseau de câbles à fibres optiques ?
Ou cette « évaluation » comprend elle aussi les coûts de mise en place des structures opérationnelles (Centres de télécommunications chargés de l’exploitation-maintenance) et de l’entretien du réseau (interventions en cas de panne sur le câble) ?
Ou cette « évaluation » comprend elle, outre ces coûts, les coûts logistiques: moyens de mesure et de contrôle, informatique, moyens de déplacement et d’intervention ?

6 – La BM a-t-telle effectué des études d’évaluation des coûts opérationnels (« Opex ») de son vaste réseau dorsal ? C’est une démarche indispensable pour garantir la viabilité de la structure « PPP » censée l’exploiter, le maintenir et l’entretenir.  Elle l’est aussi dans le cas d’une autre option, confiant aux autorités congolaises la responsabilité et la souveraineté de leur réseau.

Remarque conclusive

Dans le cadre du projet soutenu par la BM on doit se poser impérativement la question de la formation du personnel qui devra exploiter, maintenir et entretenir ce vaste réseau.
Le PPP prévu par la BM permet de s’en affranchir en partie : il suffit de coopter une société privée ou un opérateur (étranger), expérimentés dans ce domaine. Il ne restera alors au « partenaire » congolais qu’un rôle purement passif. Cette situation prive la RDC de sa compétence et expérience en réseau à fibres optiques, et donc de la maîtrise effective de son propre réseau.

Deux solutions permettent d’éviter une telle situation préjudiciable à terme à la RDC. Soit on fixe une durée contractuelle au PPP prévu par la BM, par exemple trois ans, et on impose au partenaire privé de former le personnel congolais pour prendre en main le réseau à l’échéance du contrat. Soit on inscrit dès maintenant la formation du personnel de la SCPT pour participer activement à la mise en œuvre de ce vaste réseau (pose des câbles, installation des équipements dans les centres et sur le parcours des câbles). Dans ce cas le PPP devient optionnel, si la SCPT est en capacité d’assurer réellement son rôle d’opérateur national.

C’est à l’évidence la deuxième solution qu’il faut préconiser, car la mise en œuvre d’un réseau est une occasion unique de formation d’excellence et une aventure exaltante pour le personnel national qui peut s’y impliquer totalement et acquérir ainsi la connaissance indispensable pour s’assurer la maîtrise effective de son propre réseau. Cette solution crée ainsi toutes les conditions qui donneront à la RDC les moyens –humains et matériels- par l’intermédiaire de la SCPT, de gérer efficacement son vaste réseau national et de maîtriser son développement au service des citoyens et de l’économie de la RD du Congo.

On attend des réponses à ces questions et une proposition de solution du cadre dans lequel le réseau national à fibres optiques de la RDC sera déployé, exploité et développé, non seulement de la Banque mondiale et des autorités de la RDC, mais aussi de l’UIT qui doit s’impliquer beaucoup plus activement dans ce processus, et en devenir –enfin !- le promoteur comme le lui assignent sa Constitution et sa Convention.

Afrique centrale: politique commune d’interconnexion des réseaux en fibre optique

Une réunion ministérielle sur l’interconnexion du réseau fibre optique, des pays concernés par le programme Central African Backbone (CAB), s’achève à Brazzaville (src: )

Elle vise à mettre en place une approche commune d’intégration sous régionale en matière des réseaux de télécommunications en fibre optique. La réunion regroupe des experts des pays d’Afrique centrale; des représentants de la Communauté économique des Etats de l’Afrique centrale (CEEAC) ; de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC) ; de la Banque mondiale ; et de l’Union internationale des télécommunications (UIT). Les travaux ont été ouverts par le ministre congolais des postes, des télécommunications et des nouvelles technologies, Thierry Moungala ; en présence de son homologue de la République démocratique du Congo (RDC), Tryphon Kin Kiey Mulumba; de l’ambassadeur du Gabon au Congo, Barthélémie Ongayi ; et de la représentante de la Banque mondiale au Congo, Sylvie Dossou.
La réunion de Brazzaville, qui intervient après celles de novembre 2012 à Kibri (Cameroun) et de décembre 2013 à Libreville (Gabon), permet aux participants d’évaluer la mise en œuvre des recommandations formulées lors de ces deux précédentes rencontres. Mais aussi de s’approprier de manière générale le plan d’infrastructures sous-régional ; d’étudier les questions de structuration des accords d’interconnexion sous-régionale ; de renforcer les échanges et les discussions bilatérales, tout en prenant en compte l’approche de la CEMAC sur les questions d’interconnexion. Une déclaration, dite de Brazzaville, et un mémorandum d’interconnexion bilatérale entre le Congo et le Gabon devraient être signés dans le but d’acter l’ensemble des décisions, indique un communiqué de presse rendu public le 3 février à Brazzaville.

La réunion de Brazzaville permet aux pays concernés par le programme CAB d’accélérer leur intégration en interconnectant leurs infrastructures de télécommunications en fibre optique. Des experts affirment que l’interconnexion des infrastructures de télécommunications en fibre optique constitue un puissant facteur de développement. Car, elle offre aux pays des atouts supplémentaires dans la lutte contre la pauvreté : elle réduit les coûts élevés des services de télécommunications/Internet. De même, le développement de l’économie numérique permet d’appuyer le renforcement du climat des affaires dans la sous-région.

Le CAB est un grand projet d’infrastructure intégrateur conçu pour relier, dans un premier temps, les réseaux des télécommunications des pays de la CEMAC (Cameroun, Centrafrique, Congo, Gabon, Guinée équatoriale et Tchad) ; puis les autres pays d’Afrique centrale membres de la CEEAC (Angola, Burundi, République démocratique du Congo São Tomé et Principe). Le projet a été décidé en mai 2007 à N’Djamena (Tchad), lors du sommet des Chefs d’Etat de la CEMAC. L’objectif est de faire que les différents pays puissent accéder au câble sous-marin de fibre optique SAT-3 ainsi qu’à d’autres câbles comme le câble Africa Coast Europe (ACE), à partir de points d’atterrissement sur la côte camerounaise et ailleurs.
Note 1

Lancé officiellement en 2010 à Yaoundé (Cameroun), le projet CAB bénéficie de l’appui de partenaires tels que la Banque mondiale, la Banque africaine de développement (BAD), la Banque islamique de développement, ainsi que l’Union africaine (UA) qui joue le rôle de facilitateur de la coopération entre Etats et d’harmonisateur des politiques. La première étape du CAB a été découpée en quatre phases. Chacune de ces phases consiste en l’équipement des différents pays membres en ressources humaines qualifiées, financières et techniques

La représentante de la Banque mondiale au Congo, Sylvie Dossou, a indiqué lors de la cérémonie d’ouverture de la réunion de Brazzaville que l’interconnexion des réseaux était un projet stratégique pour le développement d’un pays. Elle est non seulement salutaire, mais aussi vitale pour le développement des économies des pays concernés. Cependant, a souligné Sylvie Dossou, cette interconnexion ne peut être possible et effective que si les conditions de sa mise en œuvre sont respectées. Les principales conditions sont : D’abord, les Etats doivent se donner les moyens de faire une analyse comparée et critique de leurs cadres réglementaires respectifs, avec l’appui des institutions régionales et internationales, notamment la CEMAC, la CEEAC et l’UIT, en vue de fournir des éléments devant permettre d’établir la cohérence avec les aspects techniques de l’interconnexion transfrontalière des infrastructures fibre optique. Ensuite, les Etats doivent dresser l’état des lieux des points d’interconnexion et de déploiement de différents réseaux du CAB. Enfin, les Etats doivent collaborer dans la rédaction du mémorandum d’entente.
Note 2

Selon Sylvie Dossou, les pays concernés par le projet devraient donc apporter une dimension plus régionale, intégrée et cohérente aux divers processus bilatéraux déjà engagés et d’établir ensemble, avec l’appui des institutions régionales, un socle bien structuré pour les discussions futures. «Cette dimension régionale sera seule garante d’un traitement équitable des pays enclavés par rapport à eux qui ont accès à des câbles sous-marins. Elle permettra de gérer des trafics et des revenus pour tous les acteurs économiques, y compris les Etats à travers les ressources fiscales», a-t-elle précisé. Elle a ajouté que «l’interconnexion entre les projets fibre optique des pays d’Afrique centrale devrait, dès sa mise en œuvre, créer des conditions idoines pour un développement durable et contribuer à la réalisation d’une croissance économique inclusive, forte et réductrice de la pauvreté et de la facture numérique dans l’ensemble des pays interconnectés». Mme Sylvie Dossou a rassuré les Etats d’Afrique centrale de la détermination de la Banque mondiale à les accompagner dans la réalisation de ce projet.

Selon le ministre Thierry Moungala, dès cette réunion exprime la volonté politique qui anime les Chefs d’Etat de la sous-région d’assurer l’intégration de leurs économies et d’harmoniser leurs objectifs stratégiques. «Comme vous le savez tous au quotidien, le projet Central African Backbone est un long processus que nous devons porter tous ensemble, faire grandir fortifier et le mener à terme avec détermination et rigueur. Les délibérations de nos travaux, sur la base des résultats des réflexions émises par les experts, visent fondamentalement à donner un nouveau souffle à ce projet qui a déjà fait l’objet de plusieurs rencontres tant bilatérales que multilatérales», a fit M. Moungala aux participants.
Note 3

 

Mon commentaire :
Note 1: Non, ce n’est pas son objectif. Le CAB est censé interconnecter les pays de la sous-région

Note 2 : La (représentante de) la BM omet une condition essentielle dont dépend la viabilité et la fiabilité de tout réseau de télécommunications et –a fortiori- du réseau d’interconnexion sous-régional CAB, à savoir son organisation fonctionnelle et opérationnelle. Elle oublie aussi l’ensemble des moyens, humains, matériels et financiers, indispensable à cette organisation afin d’exploiter, maintenir, gérer et entretenir l’infrastructure de manière à assurer la qualité de service indispensable aux services acheminés. C’est seulement lorsque ces conditions auront été remplies et respectées dans la durée, que les opérateurs qui utilisent ce réseau peuvent engranger les contreparties financières –c’est-à-dire les revenus- de leurs prestations de services respectives.
Cet oubli est récurrent à la BM qui n’a aucune expérience de réseau de télécommunications. Normalement, c’est à l’UIT d’apporter cette compétence indispensable, mais il y a longtemps qu’elle a perdu son expertise dans ce domaine qui fait pourtant partie de ses fonctions de base.

Note 3 : On aimerait bien connaître le nom des « experts » cités par le Ministre Moungalla, et –surtout- les preuves réelles de leurs compétences affichées !