Afrique centrale: politique commune d’interconnexion des réseaux en fibre optique

Une réunion ministérielle sur l’interconnexion du réseau fibre optique, des pays concernés par le programme Central African Backbone (CAB), s’achève à Brazzaville (src: )

Elle vise à mettre en place une approche commune d’intégration sous régionale en matière des réseaux de télécommunications en fibre optique. La réunion regroupe des experts des pays d’Afrique centrale; des représentants de la Communauté économique des Etats de l’Afrique centrale (CEEAC) ; de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC) ; de la Banque mondiale ; et de l’Union internationale des télécommunications (UIT). Les travaux ont été ouverts par le ministre congolais des postes, des télécommunications et des nouvelles technologies, Thierry Moungala ; en présence de son homologue de la République démocratique du Congo (RDC), Tryphon Kin Kiey Mulumba; de l’ambassadeur du Gabon au Congo, Barthélémie Ongayi ; et de la représentante de la Banque mondiale au Congo, Sylvie Dossou.
La réunion de Brazzaville, qui intervient après celles de novembre 2012 à Kibri (Cameroun) et de décembre 2013 à Libreville (Gabon), permet aux participants d’évaluer la mise en œuvre des recommandations formulées lors de ces deux précédentes rencontres. Mais aussi de s’approprier de manière générale le plan d’infrastructures sous-régional ; d’étudier les questions de structuration des accords d’interconnexion sous-régionale ; de renforcer les échanges et les discussions bilatérales, tout en prenant en compte l’approche de la CEMAC sur les questions d’interconnexion. Une déclaration, dite de Brazzaville, et un mémorandum d’interconnexion bilatérale entre le Congo et le Gabon devraient être signés dans le but d’acter l’ensemble des décisions, indique un communiqué de presse rendu public le 3 février à Brazzaville.

La réunion de Brazzaville permet aux pays concernés par le programme CAB d’accélérer leur intégration en interconnectant leurs infrastructures de télécommunications en fibre optique. Des experts affirment que l’interconnexion des infrastructures de télécommunications en fibre optique constitue un puissant facteur de développement. Car, elle offre aux pays des atouts supplémentaires dans la lutte contre la pauvreté : elle réduit les coûts élevés des services de télécommunications/Internet. De même, le développement de l’économie numérique permet d’appuyer le renforcement du climat des affaires dans la sous-région.

Le CAB est un grand projet d’infrastructure intégrateur conçu pour relier, dans un premier temps, les réseaux des télécommunications des pays de la CEMAC (Cameroun, Centrafrique, Congo, Gabon, Guinée équatoriale et Tchad) ; puis les autres pays d’Afrique centrale membres de la CEEAC (Angola, Burundi, République démocratique du Congo São Tomé et Principe). Le projet a été décidé en mai 2007 à N’Djamena (Tchad), lors du sommet des Chefs d’Etat de la CEMAC. L’objectif est de faire que les différents pays puissent accéder au câble sous-marin de fibre optique SAT-3 ainsi qu’à d’autres câbles comme le câble Africa Coast Europe (ACE), à partir de points d’atterrissement sur la côte camerounaise et ailleurs.
Note 1

Lancé officiellement en 2010 à Yaoundé (Cameroun), le projet CAB bénéficie de l’appui de partenaires tels que la Banque mondiale, la Banque africaine de développement (BAD), la Banque islamique de développement, ainsi que l’Union africaine (UA) qui joue le rôle de facilitateur de la coopération entre Etats et d’harmonisateur des politiques. La première étape du CAB a été découpée en quatre phases. Chacune de ces phases consiste en l’équipement des différents pays membres en ressources humaines qualifiées, financières et techniques

La représentante de la Banque mondiale au Congo, Sylvie Dossou, a indiqué lors de la cérémonie d’ouverture de la réunion de Brazzaville que l’interconnexion des réseaux était un projet stratégique pour le développement d’un pays. Elle est non seulement salutaire, mais aussi vitale pour le développement des économies des pays concernés. Cependant, a souligné Sylvie Dossou, cette interconnexion ne peut être possible et effective que si les conditions de sa mise en œuvre sont respectées. Les principales conditions sont : D’abord, les Etats doivent se donner les moyens de faire une analyse comparée et critique de leurs cadres réglementaires respectifs, avec l’appui des institutions régionales et internationales, notamment la CEMAC, la CEEAC et l’UIT, en vue de fournir des éléments devant permettre d’établir la cohérence avec les aspects techniques de l’interconnexion transfrontalière des infrastructures fibre optique. Ensuite, les Etats doivent dresser l’état des lieux des points d’interconnexion et de déploiement de différents réseaux du CAB. Enfin, les Etats doivent collaborer dans la rédaction du mémorandum d’entente.
Note 2

Selon Sylvie Dossou, les pays concernés par le projet devraient donc apporter une dimension plus régionale, intégrée et cohérente aux divers processus bilatéraux déjà engagés et d’établir ensemble, avec l’appui des institutions régionales, un socle bien structuré pour les discussions futures. «Cette dimension régionale sera seule garante d’un traitement équitable des pays enclavés par rapport à eux qui ont accès à des câbles sous-marins. Elle permettra de gérer des trafics et des revenus pour tous les acteurs économiques, y compris les Etats à travers les ressources fiscales», a-t-elle précisé. Elle a ajouté que «l’interconnexion entre les projets fibre optique des pays d’Afrique centrale devrait, dès sa mise en œuvre, créer des conditions idoines pour un développement durable et contribuer à la réalisation d’une croissance économique inclusive, forte et réductrice de la pauvreté et de la facture numérique dans l’ensemble des pays interconnectés». Mme Sylvie Dossou a rassuré les Etats d’Afrique centrale de la détermination de la Banque mondiale à les accompagner dans la réalisation de ce projet.

Selon le ministre Thierry Moungala, dès cette réunion exprime la volonté politique qui anime les Chefs d’Etat de la sous-région d’assurer l’intégration de leurs économies et d’harmoniser leurs objectifs stratégiques. «Comme vous le savez tous au quotidien, le projet Central African Backbone est un long processus que nous devons porter tous ensemble, faire grandir fortifier et le mener à terme avec détermination et rigueur. Les délibérations de nos travaux, sur la base des résultats des réflexions émises par les experts, visent fondamentalement à donner un nouveau souffle à ce projet qui a déjà fait l’objet de plusieurs rencontres tant bilatérales que multilatérales», a fit M. Moungala aux participants.
Note 3

 

Mon commentaire :
Note 1: Non, ce n’est pas son objectif. Le CAB est censé interconnecter les pays de la sous-région

Note 2 : La (représentante de) la BM omet une condition essentielle dont dépend la viabilité et la fiabilité de tout réseau de télécommunications et –a fortiori- du réseau d’interconnexion sous-régional CAB, à savoir son organisation fonctionnelle et opérationnelle. Elle oublie aussi l’ensemble des moyens, humains, matériels et financiers, indispensable à cette organisation afin d’exploiter, maintenir, gérer et entretenir l’infrastructure de manière à assurer la qualité de service indispensable aux services acheminés. C’est seulement lorsque ces conditions auront été remplies et respectées dans la durée, que les opérateurs qui utilisent ce réseau peuvent engranger les contreparties financières –c’est-à-dire les revenus- de leurs prestations de services respectives.
Cet oubli est récurrent à la BM qui n’a aucune expérience de réseau de télécommunications. Normalement, c’est à l’UIT d’apporter cette compétence indispensable, mais il y a longtemps qu’elle a perdu son expertise dans ce domaine qui fait pourtant partie de ses fonctions de base.

Note 3 : On aimerait bien connaître le nom des « experts » cités par le Ministre Moungalla, et –surtout- les preuves réelles de leurs compétences affichées !

 

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