Nairobi et ses réseaux métropolitains

L’information

trouvée dans ma Base de données “Réseaux en Afrique” et datée de plus d’un an, elle est symptomatique des problèmes propres à l’Afrique, même dans les pays les plus emblématiques :

Source : Balancing Act Newsletter

MTN Kenya ditches partners and pursues independent fibre rollout in Nairobi

16 Apr 2013

MTN Business Kenya has revealed that it has rolled out its own fibre-optic network within Nairobi, dropping two of its four established infrastructure providers in the process. The East African reports that MTN firm has been leasing fibre capacity from Kenya Data Networks (KDN), Telkom Kenya, Jamii Telecoms Limited (JTL) and Wananchi Group, but has grown dissatisfied with the poor network quality being offered. Although it is not clear which two companies have seen their agreements terminated, Tom Omariba, MTN Kenya’s managing director, noted that the two remaining infrastructure providers will continue to offer capacity in areas where MTN has yet to extend its fibre footprint. He said: ‘A provider will be retained depending on historical evaluation of quality of service and uptime, it is not a blanket decision. We had to build our own fibre cable; we tried to switch providers to see if this could improve the quality of our service to clients, but it didn’t work. Some of our clients are multinational firms who want the same quality of service they experience in other parts of the world. The only way to guarantee this is to look for a permanent solution’. The new fibre network is also expected to provide MTN with a new revenue stream, allowing it to lease excess capacity to other providers.

Même info, reprise dans la Lettre mensuelle de Balancing Act, Issue n° 651, April 19th, 2013 :

MTN Kenya drops partners and lays own fibre cable in Nairobi

MTN Kenya has built its own fibre optic cable within Nairobi, dropping two of its four Internet infrastructure providers.
(Note 1)

The firm has been leasing fibre optic capacity from Kenya Data Network (KDN), Telkom Kenya, Jamii Telecoms and Wananchi Group. The company says it installed its own cable because of the poor network quality by some of the providers that was affecting its service delivery.
MTN is the second telecoms operator, after Safaricom, to build its own network and drop some of its providers.

Safaricom terminated a contract with KDN and is currently laying a Ksh14 billion ($165.3 million) inland fibre across Kenya.

Tom Omariba, MTN’s managing director for Kenya said the two remaining Internet infrastructure providers will offer capacity in areas where it is yet to extend its fibre network.
MTN Group is Africa’s largest telecoms operator with more than 130 million cellular subscribers in the region and in the Middle East, and its latest move is seen as an effort to protect its turf from Liquid Telecoms that recently acquired KDN.
“A provider will be retained depending on historical evaluation of quality of service and uptime, it is not a blanket decision,” said Omariba. “We had to build our own fibre cable; we tried to switch providers to see if this could improve the quality of our service to clients, but it didn’t work.”

The cable will provide MTN with a new revenue stream as it will be able to lease the excess capacity to other providers.
Quality of service has become a major customer acquisition and retention factor to operators. In addition, regulator Communication Commission of Kenya (CCK) is seeking heavier penalties against operators who fail to meet the industry’s standards.
CCK fines companies Ksh500,000 ($6,000) for breach of quality of service standards, and the government aims to raise the fine claiming the current penalty is too lenient and ineffective.
“Some of our clients are multinational firms who want the same quality of service they experience in other parts of the world. The only way to guarantee this is to look for a permanent solution,” said Omariba.

Source: The East African (www.theeastafrican.co.ke/)

Mon commentaire :

Note 1 : Aucune indication du coût de cette opération.

Le Kenya devient ainsi un parc de safari pour les investisseurs en fibres optiques ! Fini le temps où on investissait dans l’infrastructure, nécessaire et unique, en vue d’assurer un service enrichi et de qualité !

Alors que, comme annoncé à sa création, KDN devait être un réseau d’opérateurs (carrier’s carrier) quasi public qui rendrait inutiles d’autres investissements d’artères FO, l’actualité nous révèle que la doxa néolibérale se porte toujours bien au Kenya ! Opinion exprimée par Balancing Act : « KDN which seemed to have the wind in its sails, now seems becalmed …”

Cette anarchie d’investissements est aussi discutable sur le fond :
Des recherches sur Internet montrent que c’est un investisseur privé kenyan (par ailleurs président de l’Association patronale de l’industrie du Kenya), Richard Bell, qui a fondé KDN en 2001… pour le revendre en 2004 à Swift Global Kenya. Par contre, on ne trouve aucune info sur les montants des deux opérations ni –en conséquence- sur le bénéfice réalisé par l’homme d’affaires ! Tout ce que j’ai pu apprendre, c’est que le réseau urbain de KDN à Nairobi semble avoir coûté environ 10 M$.
Outre le réseau métropolitain de KDN qui vient de passer sous le giron de Liquid Telecom (3ème propriétaire !), Nairobi dispose de deux autres réseaux métropolitains supplémentaires :
- le réseau métropolitain du réseau dorsal FO de Safaricom,
- le réseau MTN.
Notons que les deux opérateurs qui les ont réalisés ont justifié leur investissement par la mauvaise qualité et le manque de fiabilité du réseau KDN qu’ils utilisaient.

Ces trois réseaux sont indépendants et n’offrent aucune redondance réciproque. Investisseurs publics et privés et opérateur privés ont donc dépensé plus de vingt millions de dollars qui ne présentent aucune valeur ajoutée en termes de réseau métropolitain.

Dans ce cas on peut aussi déplorer la faiblesse des autorités nationales et locales, et en particulier du régulateur, la Communications Commission of Kenya, CCK.
Celle-ci aurait dû interdire (avec l’appui des autorités municipales de Nairobi) ces investissements en zone urbaine, et proposer en contrepartie une remise à niveau du réseau existant ex-KDN, voire son extension le cas échéant là où le besoin et les prévisions le justifient. Confié à un opérateur gestionnaire de réseau qui en assure l’exploitation, la maintenance et le développement, et ouvert sans discrimination aux opérateurs présents, ce véritable Réseau métropolitain unique aurait pu être une réussite exemplaire sur le plan économique comme sur le plan de la desserte en haut débit de la capitale kenyane. Dans ce cas, le Réseau métropolitain de Nairobi aurait été une référence pour toute la sous-région.

En attendant, le Kenya est toujours « le bon élève » des institutions financières internationales, Banque mondiale en tête …

 

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