Congo : Sassou coupe le réseau télécoms pour l’harmonie

L’info

 Elle est fournie par l’Agence Ecofin.

Selon Wikipédia Ecofin est une agence africaine d’informations économiques et financières. Elle est dirigée par la société genevoise Séquence Média et a son siège Genève ainsi qu’un bureau à Yaoundé.

 

Toutes les télécommunications coupées au Congo

-   lundi, 21 mars 2016 10:59

(Agence Ecofin) – Tous les services de télécommunications sont encore coupés en République du Congo. La mesure prise par l’actuel gouvernement court depuis le 20 mars 2016. Elle a été prise afin de garantir un déroulement harmonieux de l’élection présidentielle qui s’est tenue dimanche et garantir le calme pour le lendemain. Huit candidats y ont pris part dont le président sortant, Dénis Sassou Nguesso. La restriction sur les télécoms devrait prendre fin ce 21 mars 2016 en soirée.

D’après adiac-congo.com, dans une lettre envoyée aux opérateurs de télécommunications, le 19 mars 2016, le ministre de l’Intérieur, Raymond Mboulou, a justifié cette interruption des services « pour des raisons de sécurité et de sûreté nationales ». Les autorités congolaises voudraient ainsi empêcher toute publication de résultats « illégaux » à même de susciter des troubles dans le pays. Elles voudraient également empêcher le lancement d’appels à mobilisation qui pourraient provoquer du désordre.

Durant presque deux jours, les abonnés des opérateurs de téléphonie mobile MTN Congo et Airtel Congo ont donc été dans l’impossibilité d’émettre des appels, d’envoyer des SMS ou encore d’accéder à Internet. Pour les Congolais de la diaspora, il n’y avait aucun moyen d’obtenir des informations sur le scrutin en dehors des canaux officiels. Les réseaux sociaux, dépendant d’Internet, étant aussi inaccessibles.

 

Mon commentaire :

On reste pantois devant un tel article qui ressemble à s’y méprendre à un « communiqué de la présidence de la République du Congo » plutôt qu’à une rédaction de journaliste. Compradore comme on dit à Brazzaville …

Le passage « afin de garantir un déroulement harmonieux de l’élection présidentielle » est à lui seul un morceau d’anthologie … et de flagornerie pseudo-journalistique a priori plus courant sur les rives du Congo que sur celles –si agréables et cossues- du Léman !

Dans un registre plus détendu, et si ce journaliste-sic avait un peu plus de professionnalisme, il aurait pu saluer cette coupure généralisée du réseau téléphonique et Internet comme un exploit. En effet, pour une fois, une commande du réseau congolais n’a pas eu de raté dans son exécution ! Nul doute que les gérontocrates africains vont acheter cette perle du savoir-faire congolais.

 

Congo : Le Réseau su Sud-Ouest sur une série de timbres

La carte du Réseau du Sud-Ouest

sur une série de timbres du Congo

En 1982

Congo_Réseau du Sud-Ouest_La carte JLF sur un timbre

Question : Quels sont les autres projets de l’UIT -effectivement réalisés- qui ont eu l’honneur d’une série de timbres en Afrique ? Dans le monde ?

Un commentaire sur ce timbre

  • L’infrastructure impressionnante représentée glorifie d’abord le nouveau maître du Congo, Sassou NGuesso  (en haut à gauche), alors qu’il n’y était pour rien dans son historique.  En réalité son putsch l’avait même retardé de six mois, obligeant l’UIT d’interrompre sa mission d’étude de ce réseau (véhicules de la mission confisquées par la soldatesque de Sassou Nguesso, budget de l’ONPT affecté à cette mission confisqué) en mai 1979.

  • Cette même infrastructure fait aussi la promotion de TRT (en bas à droite), la société française que le nouveau pouvoir a désignée au mépris de l’appel d’offres international préparé par la mission UIT qui en a rédigé l’ensemble des Cahiers des charges. Ce qui a significativement augmenté son coût de réalisation (corruption, offre « clés en mains » comprenant des prestations « hors champ » telles que véhicules 4×4 Mercedès pour les nouveaux maîtres, etc …).

  • Le PNUD et la BADEA ont en grande partie financé l’étude de ce réseau confiée à l’UIT, et initiée puis « portée » avec sa foi et son engagement par Pierre Mvouama, tout nouvel administrateur de la Division Afrique de l’UIT,  tout au long de son cours. Ayant fortement apprécié mon Rapport de mission d’expertise du réseau hertzien en Centrafrique –controversé par l’UIT- il m’a fait confiance pour me charger de cette étude qu’il jugeait stratégique pour son pays.  C’est donc légitimement le sigle de l’UIT ou/et du PNUD qui aurai(en)t dû être à la place de TRT.

Je profite de cette réminiscence historique pour exprimer mon amitié à mes deux collègues de l’ONPT, Faustin Ebayi et Robert Nsélé, qui m’ont accompagné tout au long de la mission d’étude de terrain (le mois passé dans le Mayombé est encore présent dans nos mémoires …). Ils ont contribué par leur activité et leurs connaissances au plein succès de la mission. Je garde un souvenir ému de notre collaboration et je les en remercie. Au même titre je remercie nos deux chauffeurs des Land-Rover (châssis long … pour loger la réserve de gas-oil et tout le reste) pour leur sens du devoir, leur sagesse de conducteur (pas un seul accident), et leur débrouillardise pour assurer notre vie quotidienne dans les meilleures conditions possibles. Enfin, je remercie l’équipe britannique chargée des études topographiques et de l’établissement des cartes des sites des futures stations hertziennes, tout particulièrement les deux sites dans le Massif forestier du Mayombe non encore cartographié, et qui a accepté et appliqué avec soin mes directives.
A tous nous devons la bonne humeur que l’ensemble de l’équipe de cette mission a entretenue tout au long de son déroulement.

PS : La liaison hertzienne Brazzaville-Pointe Noire et son embranchement vers le Gabon qui a été honorée par cette série philatélique et dont Sassou Nguesso s’est glorifié, a été en bonne partie endommagée et vandalisée par ses milices lorsqu’il est revenu au pouvoir par la force en 1997, après un intermède mouvementé (1992-1997) où le Congo a tenté d’introduire un semblant de démocratie dans sa gouvernance.

Jean-Louis Fullsack

Chef de Projet UIT
Mai 1979 puis septembre à décembre 1979 – mai 1980

Officier du Mérite de la République du Congo
Promotion 1981

La Fibre Optique sur le Réseau de Transport Electrique au Cameroun : Mirage ou Affabulation du Régulateur ?

Source : Agence Ecofin

Mes commentaires sont en bleu et sont précédés par Note JLF

Déployer la fibre optique via le

réseau électrique peut réduire les

coûts de 80%, selon le régulateur

camerounais

 

mercredi, 02 mars 2016

(Agence Ecofin) – Afin d’assurer le déploiement rapide de la fibre optique sur le territoire camerounais, l’Agence de régulation des télécoms (ART) recommande aux opérateurs, apprend-on dans une annonce publicitaire (Note JLF : cela devrait en relativiser la crédibilité …) que vient de rendre publique l’ART, «de tirer profit du maillage du réseau de transport d’électricité haute tension».

Cette technique, souligne le régulateur télécoms, est d’autant plus avantageuse au plan financier dans la mesure où, apprend-on, en matière de pose de la fibre optique, le «génie civil représente plus de 80% des éléments de coût» (Note JLF : Ce chiffre ne tombe pas du ciel : il est repris de mon concept de SIR ! Un plagiat qui pourrait être inspiré par le « spécialiste » Kibong Amira …). Traduction : en s’appuyant sur le réseau électrique haute tension déjà existant pour déployer la fibre optique, les opérateurs peuvent réduire les coûts des travaux de plus 80%.

Note JLF : C’est la « traduction » d’un journaliste ignorant la technologie des câbles à fibres optiques (FO) et les réalités des réseaux, et qui se pare d’une affirmation sans la vérifier. Elle est, en l’occurrence, complètement fausse, entre autres sur le plan économique !

En effet, le différentiel entre le coût des câbles OPGW –ces câbles spéciaux contenant des fibres optiques qui utilisent les lignes de transport d’électricité à haute tension et très haute tension (THT)- et les câbles à fibres optiques enterrables ou souterrains, auquel s’ajoute celui entre le coût de la pose sur ligne THT et la pose en souterrain, diminuent significativement cet écart. Cette diminution peut atteindre 50% de la marge hypothétique indiquée de 80% et ne concerne que les coûts d’investissement (CAPEX) auxquels il faut ajouter en outre le coût des jonctions par câble FO entre le réseau de transport électrique THT, généralement à l’écart des agglomérations, et les villes où se trouvent les bâtiments techniques (les nœuds de réseau) des télécoms.

En outre, les coûts d’exploitation (OPEX) d’un câble OPGW sont plus élevés que ceux d’un câble souterrain, du fait de leur accès difficile et nécessitant un équipement spécial et coûteux d’une part, ainsi qu’un temps d’intervention plus long d’autre part, ce qui augmente la perte de recette du/des opérateur/s télécom utilisant les fibres optique des câbles OPGW de la ligne THT (pour cause de trafic coupé ou de qualité de service dégradée).

Or, le câble FO souterrain, s’il est intégré dans un projet routier et que sa réalisation applique la méthodologie de la SIR, fait une économie de plus de 50% sur les coûts de génie-civil, ce qui rend son coût complet (CAPEX + OPEX) plus compétitif dès le moyen terme par rapport à la solution OPGW.

Le véritable avantage de la solution OPGW –donc l’’utilisation des réseaux de transport THT pour le câble FO- est indiscutablement sa grande sécurité par rapport aux actes malveillants. Et pour cause … Quant à l’économie qu’il permettrait de réaliser par rapport à un câble FO classique (posé en pleine terre ou tiré dans des conduites souterraines), elle n’est avérée –avec les restrictions inhérentes relevées dans ce qui précède- que dans le cas où l’artère FO traverserait une vaste zone inhabitée ou très faiblement peuplée.

En plus de la pose de la fibre optique en aérien, le régulateur télécoms, toujours dans l’optique de réduire les coûts, «propose aussi de s’appuyer sur les projets d’extension des réseaux d’adduction d’eau potable pour tirer profit des fouilles». L’ART annonce par ailleurs qu’elle «sensibilise les pouvoirs publics afin qu’à tout grand projet d’infrastructures de génie civil (voies ferroviaires, autoroutes, routes, etc.) soit associé un projet de déploiement de la fibre optique, levier de l’essor de l’économie numérique».

Note JLF : Cette phrase conclusive relève du même plagiat car l’ART reprend tout simplement les termes de mon concept de Synergie inter-réseaux (SIR) sans citer ses sources. Elle provient du plagiaire camerounais Kibong Amira dont l’ouvrage-sic (« Régulation du marché des télécommunications en Afrique – L’exemple du Cameroun ») est, dans sa partie substantielle, un copier-coller de mon document de présentation de la SIR, son concept, sa méthodologie et ses bénéfices générés. Ce personnage a eu dans son pays une audience auprès des médias, et auprès du régulateur avec lequel il a collaboré. Comme le montrent les statistiques et les textes officiels de l’ART copiés-collés qui composent l’autre partie de son pseudo-ouvrage.

Pour rappel, le Cameroun revendique officiellement un réseau à fibre optique long de 10 000 Km et est connecté à trois câbles sous-marins. Deux autres points d’atterrissements sont en construction (Note JLF : NON. Limbé est construit depuis fin 2012 et est resté quasiment sans trafic pendant trois ans, et Kribi doit être terminé en juin prochain) afin de connecter le pays à cinq câbles sous-marins au total. Mais, «malgré ces investissements importants», reconnaît le régulateur télécoms national, ces «capacités restent largement insuffisantes en rapport avec les besoins actuels exprimés» en télécommunications comme en gouvernance.

BRM

Note JLF : Voilà une autre contre-vérité –encore plus flagrante que la première- proclamée par le « régulateur télécoms national » ! Ce même régulateur a laissé Limbé, construit et équipé par MTN en 2012 pour la connexion au câble sous-marin WACS, « dormir » jusqu’à son rachat par l’Etat pour plus de 3 millions d’euros et sa mise en exploitation effective le 1er juillet 2015. Seul MTN Cameroun y faisait passer son trafic, insignifiant par rapport à la capacité installée. Notons au passage que le journaliste est, là encore, mal informé. En effet, sur les trois stations d’atterrissement deux sont réalisées depuis plusieurs années : Douala connecté au câble sous-marin SAT-3 date de 2002 et Limbé remonte à 2012 ! Quant à Kribi, connecté au câble sous-marin ACE, la station d’atterrissement doit entrer en service en fin juin 2014 selon les termes contractuels. Mais, comme à l’accoutumée au Cameroun, la réalité la fera attendre juin 2016 pour être opérationnelle.

Ainsi doté de trois stations d’atterrissement –dont chacune a coûté entre 3 et 5 millions d’euros- le Cameroun est avec la République sud-africaine (RSA) le pays côtier d’Afrique sub-saharienne qui compte le plus de stations d’atterrissement, affichant cet « exploit » comme un vrai signe extérieur de richesse ! Mais la RSA compte près de 3 000 km de côtes alors que le Cameroun n’en compte que 400, sans parler de sa position géostratégique, ni de sa population, ni de son PIB !

Enfin, s’agissant des « capacités (qui) restent largement insuffisantes » selon le régulateur, je lui rappelle que le Cameroun, comme les autres pays africains concernés, n’utilise qu’une très faible partie de la capacité offerte par les câbles sous-marins qui le desservent. On ne peut que rester pantois devant un tel travestissement de la réalité et s’interroger sur ses raisons : ignorance ou intérêt « particulier » ? Ou tout simplement effets d’une inauguration trop festive ?

Rassurons le Directeur de l’ART et le signataire de cet article publié par l’Agence Ecofin en leur rappelant que le Sénégal a un trafic international –donc via câbles sous-marins- quatre fois plus important que le Cameroun et qu’il l’écoule via une seule station d’atterrissement sans problèmes « en rapport avec les besoins actuels exprimés ». Tout en économisant dix millions d’euros ! Et le Sénégal est une référence africaine … et pas seulement en télécommunications !

Jean-Louis Fullsack

Une chronologie intéressante : Le déploiement du réseau haut débit national et international du Gabon

Première information pour fixer le cadre

Dans la rubrique qui suit mes notes et commentaires sont en italique

Source : Agence Ecofin – dimanche, 01 janvier 2012

3000 km de fibre optique pour faire du Gabon un hub numérique (1)

Extraits :
(Agence Ecofin) – Par décret 0212/PR du 27 janvier 2011, le président de la République, Ali Bongo Ondimba, a décidé de la création de l’Agence nationale des infrastructures numériques et des fréquences (ANINF), établissement public à caractère administratif, issu d’une fusion de l’Agence nationale de l’informatique (ANI) et de l’Agence nationale des technologies de l’information et de la communication (ANTIC) avec, en plus, la gestion de fréquences précédemment dévolue à ARTEL. L’ANINF assure donc l’installation et la gestion des infrastructures et ressources nationales partagées dans les domaines des télécommunications, de l’audiovisuel et de l’informatique. Entretien avec son directeur général, Alex Bongo Ondimba.
Qu’est-ce qui a justifié la création de l’ANINF ?

Alex Bongo Ondimba : Comme vous le savez, la politique du Chef de l’Etat repose sur trois grands piliers, à savoir : le Gabon vert, le Gabon industriel et, bien sûr, le Gabon des services. C’est pourquoi, asseoir le Gabon des services va de concert avec la mise en place d’infrastructures technologiques capables de soutenir la croissance de notre pays. En effet, l’économie numérique sera un vecteur de Gabon Emergent d’ici 2020, le programme du gouvernement en la matière est très ambitieux. Aussi, l’existence de plusieurs entités administratives opérant dans le même niveau sectoriel des TIC, ne pouvait-elle pas faciliter cette vision du Gabon Emergent.
C’est pourquoi, dans le cadre de la mise en œuvre du plan de développement de l’économie numériques au Gabon, pour les dix prochaines années, le président de la République, chef de l’Etat, son Excellence Ali Bongo Ondimba, a donc décider de la création de l’ANINF par décret n°212/PR du 27 janvier 2011. En même temps, dans le souci de rendre plus efficient la gestion fréquentielle, l’Etat a aussi décidé de rattacher à l’ANINF certaines prérogatives, anciennement dévolues à l’ARTEL, tout comme la gestion et la mise en œuvre de la télévision numérique. Toute chose qui fait que l’ANINF est aujourd’hui un acteur stratégique des TIC au Gabon.

Quels sont aujourd’hui vos chantiers prioritaires ?

ABO : On ne peut pas parler des projets prioritaires sans parler de l’organisation de la structure. Le premier projet est donc la mise en place de l’ANINF, qui passe par un recrutement objectif, un renforcement des capacités à tous les niveaux afin que l’ANINF puisse offrir des prestations de qualité, et la rédaction des textes organiques.
Le deuxième projet est la mise en place d’un backbone fibre optique terrestre (projet RAG). C’est un élément fondamental de l’infrastructure national haut débit. Il interconnecte, en fibre optique, toutes les grandes villes du Gabon, les pôles économiques du Gabon Emergent et les câbles sous-marins internationaux.
Le troisième projet est la mise en œuvre du domaine Internet gabonais. Il s’agit de sensibiliser tous les acteurs concernés aux enjeux liés à une gestion moderne du Gabon qui s’appuie les nouvelles technologies de l’Internet. Je pense, entre autres, à la mise en place du plan géomatique national pour assurer une gestion durable du patrimoine. Tous les acteurs de l’Etat, du secteur privé et de la société civile doivent être impliqués afin de garantir une large appropriation de ce plan.

Lequel de ces trois chantiers vous semble le plus décisif ?
ABO : Bien évidemment, la fibre optique est le grand chantier prioritaire, cela pour répondre une fois encore à la volonté du chef de l’Etat de faire du Gabon une vitrine technologique en même temps qu’un point d’interconnexion de l’ensemble des pays limitrophes.
Le gouvernement gabonais s’est résolument engagé dans ce vaste programme structurel visant à appuyer la dynamique du secteur privé et de la société civile, et à conduire les grandes réformes de l’Etat. Le RAG en est l’un des socles.
Cela passe par la construction d’un deuxième câble sous-marin à fibre optique inter consortium ACE (2) et, au niveau national, par la construction de la fibre optique entre Libreville et Port-Gentil pour relier la zone est.
Par ailleurs, il est prévu le lancement d’un réseau à haut débit entre Libreville-Franceville-Koula-Moutou. Un projet d’intégration régionale dénommé Central Africa Backbone (CAB) financé par la Banque mondiale assurera l’interconnexion avec la Cameroun, mais aussi le sud-est avec le Congo. Ensuite, Djolé-Bitam-Eboro (3), Bifoun-Lambaréné-Mouila (4) et Tchibanga-Mayumba (5). Ce programme national global de près de 3000 km de fibre optique devrait être déployé dans les trois à quatre prochaines années (6).

Quelle part prend l’ANINF dans ce vaste projet de la fibre optique ?

ABO : Elle est maître d’ouvrage, délégué de l’Etat gabonais pour l’exécution et le suivi de ce vaste chantier.
(….)
Nous avons enfin la volonté de moderniser le réseau de distribution de la radiodiffusion télévisuelle et sonore et accroître la disponibilité des signaux sur tout le territoire national. Les médias (presse écrite, radio et télévision) ont un rôle essentiel à jouer dans l’édification de la société de l’information. Ils sont devenus le principal vecteur d’information sur la société de l’information et de la communication.

N’y a-t-il pas un conflit de compétence entre l’ARTEL et vous, notamment au niveau de la gestion des redevances radioélectriques?

ABO : Il n’existe pas de conflit de compétence entre l’ANINF et ARTEL. L’ARTEL est une agence de régulation dans le domaine de la communication alors que l’ANINF voit ses missions orientées vers l’étude, la promotion et l’implémentation des ressources internet, mais aussi elle assure la coordination et la gestion des bandes de fréquences. Il y a en réalité une complémentarité car l’ANINF est locataire des fréquences et ARTEL en est délégataire.
(…)

Bio Express
Alex Bongo Ondimba
« Les plus hautes autorités de ce pays (7) ont eu confiance en ma modeste personne en me nommant tour à tour aux fonctions suivantes : de 2000 à 2002 : directeur général adjoint au Conseil gabonais des chargeurs ; Puis je suis resté neuf ans à Gabon Télécom où j’ai occupé les fonctions de chef de département finances, ensuite directeur de l’audit et du contrôle général, enfin secrétaire général. De 2011 à ce jour, je suis à l’Agence nationale des infrastructures numériques et de fréquences, en tant que directeur général. »

Note personnelle :
Cursus scolaire : Lycée de Libreville …

Entretien (8) réalisé par Olivier Gliti, paru dans le magazine Réseau Télécom Network No 50.

Mes notes de renvoi :
(1) Le titre est trompeur : 3 000 km d’artères à fibres optiques sont incapables de transformer le Gabon en « hub numérique » ; il en faudra quatre ou cinq fois plus.
(2) En fait il s’agit de la construction d’une deuxième station d’atterrissement pour accueillir ce nouveau câble
(3) C’est l’embranchement vers le Cameroun long de 420 km passant notamment par Mitzic et Oyem si le câble suit la route
(4) Cette artère constitue-t-elle l’embranchement vers le Congo en s’étendant jusqu’à Ndendé et Idemba ? Elle n’est pas compatible avec l’artère congolaise vers le Gabon –et qui est déclarée partie du CAB par le Congo- qui prévoit l’interconnexion avec le Gabon à MBinda
(5) Cette artère de 114 km n’a aucun sens car elle ne s’insère pas dans un réseau, à moins que l’on réalise la jonction Tchibanga –Ndendé – Mouila (170 km)
(6) Cette description de « réseau » est décousue et montre les limites des connaissances du réseau d’ABO. En fait il ne s’agit pas du RAG mais du BNG, le Backbone (sic) National Gabonais que montre la carte jointe à cette information. Cette carte fait nettement apparaître l’interconnexion avec le Cameroun (Bitam –Ntem), mais non celle avec le Congo. Si le Gabon veut se conformer avec le projet congolais, il devra construire l’embranchement Moanda –Mbinda, soit 105 km s’il emprunte la route (le long de l’ancien téléphérique du manganèse) via Bakoumba. Dans ce cas, Franceville serait desservie par une bretelle de 65 km de ce réseau qui implique une artère FO (à réaliser) ou FH (existante ?) pour assurer la diversité de routage nécessaire au « village du président ».
La carte fait apparaître en Phase 3 un câble sous-marin –intéressant car en feston, mais coûteux- entre Mayoumba, Gamba, Port-Gentil et Libreville.
(7) En l’occurrence son père, le Président du Gabon, ce qui explique le parcours exceptionnel d’ABO dont la biographie mentionne seulement le passage au Lycée de Libreville.
(8) On qualifiera plutôt de « com » cet exercice bien peu journalistique.

Deuxième information : un choix discutable de la Banque mondiale …

Source : Source : Balancing Act News – 28 May 2012

Gabon finances ACE connection with World Bank loan

The World Bank has announced a new USD58 million loan facility for Gabon, to finance nationwide broadband connections to the new Africa Coast to Europe (ACE) international undersea fibre-optic cable, via terrestrial fibre links from the country’s dual ACE landing stations to Franceville, Lekoni, Koulamoutou as well as to the Congolese border. The loan has been agreed as part of the Central African Backbone Programme (CAB), and the project also forms part of the World Bank’s contribution in Gabon to implementing the third pillar of the 2010-2015 Economic Community of Central African States (CEMAC) Regional Economic Programme. Zouera Youssoufou, World Bank country manager for Gabon, announced the loan as the first element of the recently approved Country Partnership Strategy for Gabon, a USD250 million programme approved by the World Bank’s Executive Board in April 2012. The ACE cable, connecting around 20 African countries, is expected to be ready-for-service in October 2012, and the Gabonese authorities have ruled that access to the high speed broadband system will be made available to all telecoms operators in the country, says TeleGeography; ACE’s two landing points in Gabon will be situated at Libreville and Port-Gentil.
Elsewhere, Gabon’s Agency for the Regulation of Electronic Communications and Postal Services announced that the country’s fixed telephone numbering system will shift from six to eight digits by adding the prefix 01, from 16 June 2012; callers from abroad will no longer need to dial 0 after the 241 country code.

 

Mon commentaire :

Voilà le riche Gabon mendiant un prêt aux meilleures conditions de la BM (rappel : la vocation fondamentale de cette IFI est de financer le développement) un prêt pour financer un investissement par ailleurs très discutable.

En effet, le Gabon « se paie » (sur le dos des contributeurs internationaux au développement) une deuxième station d’atterrissement si l’on en croit l’article, ce qui –au moins jusqu’à moyen terme- est loin d’être une priorité. L’argument avancé que cette deuxième station sécuriserait les connections avec le réseau international et intercontinental reste encore à démontrer eu égard au réseau FO en place et programmé.

En effet, une véritable sécurisation de la station d’atterrissement existante nécessite d’abord une vision de réseau et l’élaboration d’une topologie et d’une architecture cibles pour le réseau dorsal, sur le plan national puis sur le plan régional, à savoir le réseau dorsal d’Afrique Centrale (CEEAC) selon les limites définies par l’UA et le NEPAD. Jusqu’à moyen terme la sécurisation de la connexité internationale et intercontinentale assurée par les stations d’atterrissement, peut et devrait être assurée au niveau régional, ce qui se justifie pour trois raisons :

1- Technique : La sécurisation d’une station d’atterrissement nationale peut se faire via les deux stations voisines, ici celles du Congo et de la Guinée Equatoriale, et les réseaux dorsaux terrestres respectifs. Cette solution est au moins suffisante jusqu’à moyen terme.

2 – Politique : La mutualisation des accès aux câbles sous-marins internationaux et le partage de ressources pendant la phase initiale est un facteur puissant d’intégration régionale, l’une des grandes priorités de l’UA.

3 – Economique : Le coût moyen d’une station d’atterrissement se situe entre 4 à 7 millions de dollars selon aménagement. Le différé d’un tel investissement (CAPEX) représente une économie significative, sans compter les coûts d’exploitation (OPEX) pendant la période du différé.

En conséquence et sur le plan de la méthodologie applicable pour élaborer un réseau dorsal cible on peut proposer la démarche suivante.

1 – Sur le plan temporel, le réseau existant évoluera vers le réseau national cible en deux ou trois étapes, et en parfaite cohérence avec le réseau régional cible. La sécurisation du réseau national devra être obtenue à moyen terme, soit à l’issue de l’étape 1 et selon la configuration qu’on pourra qualifier de « réseau cible intermédiaire ».

2 – Sur le plan spatial le réseau cible intermédiaire obtenu à la fin de l’étape 1 assurera la sécurisation de la connexité internationale et intercontinentale au niveau régional. Le réseau évoluera au gré des extensions spatiales en parfaite cohérence et conformité avec le réseau régional. Les développements successifs –notamment les extensions- du réseau dorsal national en parallèle avec le réseau d’interconnexion régional- permettront progressivement d’assurer la sécurisation du réseau et de l’accès à la station d’atterrissement existante et –le cas échéant- à la deuxième station créée au cours de la deuxième ou troisième phase d’évolution du réseau dorsal national, et à condition que cette station s’intègre parfaitement dans l’architecture du réseau régional et n’alourdisse pas sa gestion, au niveau national comme au niveau sous-régional.

Le CESIR a fait des propositions à la suite des sévères critiques qu’il a soulevées concernant le Central African Backbone, CAB (le réseau dorsal d’Afrique Centrale) : à la Banque mondiale (qui finance en partie le projet), à l’UIT (qui coordonne l’étude de faisabilité), à la Commission du développement de l’Union européenne (UE) et à la Banque européenne d’investissement qui soutiennent le projet. Ces propositions sont toujours d’actualité.
Le CESIR peut contribuer à l’élaboration de la méthodologie ainsi qu’à la topologie et à l’architecture de réseau correspondant à la cible intermédiaire et la cible finale, tant sur le plan national du Gabon (mais aussi des autres pays de la CEEAC) que sur le plan régional. Un des concepts que préconise le CESIR est ce qu’il désigne par un « Réseau 3R » (Réaliste, Robuste, Résilient) qui met en œuvre un réseau résistant à toute panne affectant soit un segment (câble à fibres optiques), soit un nœud de réseau (IXP, grands centres de commutation et de brassage du transport, routeurs de réseau, …). Il est basé sur le principe de « partage de charges » : entre segments de réseau, entre nœuds de réseau, entre gestionnaires de réseau, jusqu’au plus haut niveau, c’est-à-dire au niveau régional et intercontinental.

A Strasbourg le 29 mai 2012
Jean-Louis Fullsack
Président du CESIR

Deux ans plus tard, une troisième information …-

Source : Balancing Act, Issue n° 705 16th May 2014

Bouygues favourite for Gabon fibre contract

Axione, part of France’s Bouygues Group, is the favourite to win an international tender for the management of a fibre-optic network in Gabon, the results of which will be announced next month, Jeune Afrique writes. The Gabonese government is expected to award a 15-year contract for managing the national fibre transmission network connecting capital Libreville and regional centres in June, under a construction budget of around EUR100 million (USD137 million) to be partly funded by the World Bank. Axione, a sister company of Bouygues Telecom, is up against competition in the tender from KT Networks of South Korea, Spanish firm Fenosa and Ukrainian broadband network operator Datagroup, while African fibre connectivity provider Liquid Telecom withdrew its bid on 7 May.

… et mon troisième commentaire

Alors que l’on devrait saluer l’initiative du Président du Gabon de réaliser son réseau dorsal national (voir l’article « Rappel » ci-dessous) en réseau unique et ouvert à tous les opérateurs, cet article interpelle le lecteur.

En effet, voilà Bouygues, roi du béton, devenu roi de la fibre ! Un « exploit » qui demande cependant quelques explications.

La première concerne le « favori » pour ce contrat « de gestion du réseau ». En fait, le contrat concerne l’exploitation-gestion-maintenance-développement du futur réseau dorsal gabonais (plus de 3 000 km à travers le Gabon en première phase). Or, jusqu’à plus ample information, Bouygues Télécom (et sa filiale Axione) n’a qu’une expérience limitée en exploitation/gestion d’un tel réseau puisqu’en France il utilise principalement les réseaux … de ses concurrents à travers des contrats de mutualisation avec France Télécom-Orange et SFR-Numéricâble. Le contrat AXIONE-Gabon aurait-il été initié lors de la visite en France, le 8 avril dernier, du frère Président de l’interviewé ABO ?

A contrario –et c’est la deuxième question- on peut s’interroger sur l’absence de France Télécom-Orange du panel des sociétés qui ont répondu à l’appel d’offres, alors qu’elle a(vait) une expertise avérée dans cette activité … et qu’elle connaît/ssait bien le pays (de par sa filiale Sofrecom interposée). Par crainte des concurrents (Ukraine … ?), ou pour des raisons de « retombées » insuffisantes au Gabon ?

Enfin, la troisième question concerne la qualification de l’opérateur historique, Gabon Télécom, en termes de gestion/exploitation de réseau. J’ai bien connu cet opérateur lorsqu’il était encore un service public, l’Office des Postes et Télécommunications du Gabon, avec lequel j’ai travaillé notamment dans le cadre du déploiement du réseau Panaftel dont j’étais le Coordinateur UIT pour l’Afrique centrale. La « DT » avait alors un réseau hertzien structurant bien réalisé sur ses axes principaux et très bien maintenu par le personnel du Département du réseau sous la houlette d’un des meilleurs experts des FH en Afrique centrale, M. Ango-Obiang. Où est passée cette expertise ? Où sont passés ces inspecteurs, techniciens et agents qui maîtrisaient parfaitement leur technologie ? La technologie hertzienne a tellement de similitudes avec celle des fibres optiques (les lois de propagation pour commencer !) qu’une formation d’adaptation aurait pérennisé l’expérience et l’efficacité de ces personnels.

Dans ces conditions, le contrat attribué à une société étrangère pour 15 ans (une rente de situation …) alors que le Gabon aurait pu disposer du personnel potentiellement qualifié et motivé (cela va de pair), est plus que discutable pour ne pas dire profondément choquant.

Jean-Louis Fullsack

 

… et à la fin de l’histoire, c’est la Chine qui gagne 

Source : Balancing Act - 28 Oct 2014

Gabon inks ‘historic and vital’ USD58m fibre-optic agreement with World Bank

BiztechAfrica reports that the government of Gabon has signed a USD58 million agreement with the World Bank paving the way for the deployment of a fibre-optic network connecting the oil-rich country’s five provinces via broadband, and linking to neighbouring Republic of Congo via a cross-border connection. The agreement, which has been described by industry watchers as ‘historic and vital’, will comprise an optical fibre spur running along the Transgabonnais railway network and linking the cities of Franceville and Libreville to the 1,140km African Coast Europe (ACE) submarine cable system (1).

The network will also interconnect Koulamoutou, Lastourville, Franceville, Bongoville, Lekoni,Moanda, Bakoumba and Lekoko, before crossing the border to link with the Congo-Brazzaville fibre-optic network. ChinaCommunication Service International (CCSI), a subsidiary of China Telecom Group, has won the contract to build out the network, with work scheduled to be completed within four years.

 

Mon commentaire

(1) : En réalité le câble sous-marin a une longueur de 17000 km entre la France (Penmarch) et l’Afrique du Sud (Le Cap). Il comporte quatre segments, la station d’atterrissement du Gabon est sur le segment n°3 (Libreville).

La “Françafrique” est bien morte ! Car voici que le système Bongo se vend au « China Telecom Group ». Sur quel appel d’offres international ce consortium a-t-il « gagné ce contrat » ? Et sur quels Cahier de charges techniques et financières ?

Qu’importe, puisque la BM paie une partie de la facture ! Avec 58 M$ on pourra réaliser près de 3 000 km d’artères en câble FO. Mais le Gabon avait déjà un réseau FO (voir articles précédents) ; seront-ils intégrés dans le nouveau réseau ? Et quel opérateur exploitera, entretiendra et développera ce nouveau réseau FO ? China Telecom ? 

Jean-Louis Fullsack

 

L’UIT et l’Afrique du Sud apportent le haut débit dans les bureaux de poste en zone rurale

L’information :

Source : Agence Ecofin

L’UIT et l’Afrique du Sud apportent le haut débit dans les bureaux de Poste en zone rurale

lundi, 03 novembre 2014
(Agence Ecofin) – L’Union Internationale des Télécommunications (UIT) a décidé d’apporter son aide à l’Afrique du Sud dans l’accession des populations des zones rurales au service financier numérique et autres. L’agence des Nations Unies va à cet effet tester une nouvelle approche durable qui consiste à apporter la connectivité large bande dans les bureaux de Poste de ces zones. Ainsi, ces bureaux postaux pourront proposer aux communautés divers services numériques à valeur ajoutée. Le projet sera mis en œuvre en coopération avec l’Union postale universelle, ainsi qu’avec des partenaires de l’industrie et de la société civile.
Dans un communiqué, l’UIT explique que cette initiative cadre avec la politique nationale de large bande- SA Connect- dont « le but est de fournir une connectivité de grande capacité abordable et fiable nécessaire au support d’applications et services avancés pour le gouvernement, les entreprises et les consommateurs, avec un accent particulier sur les communautés rurales et mal desservies».
L’UIT a convenu d’aider l’Afrique du Sud dans ce projet de fourniture de la connectivité haut débit dans les bureaux de Poste des zones rurales après une rencontre entre Siyabonga Cwele, le ministre des télécommunications et des services postaux, et Brahima Sanou, le directeur du Bureau de développement des télécommunications à l’UIT. Les deux hommes se sont vus à Busan, en Corée, où se tient la Conférence de plénipotentiaires de l’UIT.

 

Mon commentaire :

Voilà –enfin!- une bonne nouvelle de l’action de l’UIT ! L’équipement des bureaux de Poste en accès au réseau télécoms/Internet est une vieille proposition que j’avais faite au SMSI en 2002 comme une alternative plus efficace aux télécentres communautaires polyvalents (TCP) dont le BDT de l’UIT avait fait son cheval de bataille depuis plus d’une décennie avec des résultats mitigés.

Ma proposition reposait sur le souvenir d’une scène que j’avais vécue en 1979 à Loudima (République du Congo) , lors de la visite de courtoisie que j’avais faite au bureau de Poste dans le cadre de l’étude du Réseau de télécommunications du Sud-Ouest de l’ONPT (j’ai encore les dias de cette scène). J’y ai trouvé un groupe de femmes autour d’un guichet doté du … catalogue de la Redoute (sic) qui y discutaient de leurs choix et composaient leur commande que la postière transmettait ensuite par télex … à Roubaix ! C’était une discussion aussi animée que haute en couleurs et révélatrice du potentiel inexploité d’un bureau de Poste rural disposant d’un accès au réseau télécoms !

La présente initiative de l’UIT devrait être généralisée conjointement avec l’Union Postale Universelle (UPU) car elle permettrait à l’Afrique de redonner son rôle social, voire économique, au service public de la Poste, en particulier rurale. Le fait que l’UPU est désormais invitée au SMSI –une autre bonne décision de l’UIT- devrait fournir le cadre de cette mesure.

Toutefois cette initiative est insuffisante car la grande majorité des zones rurales manquent d’abord d’un accès à l’électricité. Pour cette raison l’initiative de l’UIT devrait être complétée par un programme d’électrification de ces bureaux ou agences de préférence en technologie photovoltaïque, installée par une entreprise ou association locale et maintenue par elle.

A défaut d’une telle ressource locale, c’est l’opérateur de télécoms qui assure l’accès au réseau de l’agence postale –en zones rurales ou éloignées via une station de base de téléphonie mobile (BTS)- qui devrait être en mesure soit de raccorder le bureau postal à l’installation photovoltaïque de la BTS, soit d’installer et maintenir l’équipement photovoltaïque autonome de l’agence. En effet, le personnel d’exploitation-maintenance de l’opérateur est en principe qualifié car il est déjà en charge de l’entretien et de la maintenance des systèmes d’alimentations électrique des installations du réseau télécoms et, en particulier, des BTS. Cette prestation, intégrée dans le raccordement au réseau à haut débit du bureau ou agence postale concerné, devrait faire l’objet d’un contrat entre l’opérateur et le gestionnaire de ce bureau ou agence en vue d’assurer la pérennité de cette opération.

Ainsi complétée et formalisée, l’initiative de l’UIT prend une toute autre dimension et contribuera réellement et efficacement au développement local. Pour cette raison je renouvellerai ma proposition à l’occasion du Forum 2016 du SMSI.

Rendez-vous sur mon blog après le déroulement du Forum (mi-mai à Genève) pour l’accueil de ma proposition et son résultat.

Février 2016
Jean-Louis Fullsack