Nigéria : Comment les TIC/Télécoms peuvent compenser la chute des revenus du pétrole

1 – L’information

 

Nigeria: Les opérateurs télécoms présentent leur secteur comme la solution aux déboires du pétrole

Source : Agence Ecofin

-   jeudi, 07 juillet 2016

Les opérateurs de télécommunications opérant au Nigeria, réunis au sein de l’Association des sociétés de télécommunications du Nigeria (ATCON), se sont présentés au gouvernement fédéral comme la solution à la crise financière dans  laquelle la chute des cours du pétrole a conduit le pays. Lors de l’édition 2016 de la conférence internationale d’exhibition technologique du Nigeria (NITEC), tenue la semaine dernière  à Lagos, Olusola Teniola, le président de l’ATCON, a interpellé l’Etat sur l’urgence d’une diversification de l’économie. Il a souligné qu’un investissement de qualité dans les TIC et Télécoms permettrait au pays, à long terme, de rompre sa dépendance économique au pétrole.

Pour le président de l’ATCON, dont les propos sont rapportés par le journal This Day, « il est surprenant que le gouvernement fédéral ne donne pas la priorité au secteur des TIC lors de la planification, en dépit de ses énormes contributions au produit intérieur brut (PIB). Si plus de 70% des composantes TIC demeurent importés de l’étranger, le secteur aura plus tard du mal à survivre sans le soutien du gouvernement (…) Pour endiguer le déséquilibre dans l’offre et la demande de devises étrangères, ce que le gouvernement fédéral doit prendre en compte, c’est l’encouragement à la création d’entreprises qui fabriquent ces composantes ou les assemblent au Nigeria avec des incitations à l’investissement. Le gouvernement doit également  parrainer davantage les parcs TIC dans le pays ».

Au-delà du financement, il faut également des politiques appropriées pour booster le  développement du secteur national des TIC et Télécoms pour qu’il crée suffisamment de richesse pour le pays, estime Olusola Teniola. Dans le cas contraire, l’actuelle crise mondiale du pétrole, qui prendra un certain temps à s’estomper, risque d’obliger le pays à recourir à de nouveaux emprunts pour financer son budget.

 

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2 – Mon commentaire

L’appel de l’ATCON vise à susciter une infrastructure télécoms/TIC dont l’Etat prendrait en charge les coûts d’investissement (CAPEX). On ne saurait qu’approuver une telle démarche d’un réseau relevant du « bien public » au lieu de réseaux multiples privés se concurrençant mutuellement. A condition toutefois que sa neutralité -l’accès égalitaire à tout opérateur officiellement reconnu- soit garantie par le législateur et appliquée par l’agence de régulation (NCC).

S’agissant de la conception, de la planification et du déploiement de cette infrastructure télécoms, la synergie inter-réseaux (SIR) est alors une démarche incontournable. En effet, l’application de sa méthodologie permet de profiter au maximum des externalités positives offertes par les infrastructures routières et électriques notamment –qui relèvent en grande partie du gouvernement et sont inscrites dans ses priorités-, ce qui réduirait de manière drastique les CAPEX pour la mise en œuvre et le développement du réseau dorsal national (RDN) des télécoms/TIC.

C’est seulement en appliquant scrupuleusement la méthodologie SIR que le résultat recherché par l’ATCON sera atteint de manière économiquement optimale. Car, outre les économies réalisées à l’investissement par la mutualisation des ressources (externalités positives des réseaux d’infrastructure), l’intégration du RDN dans les infrastructures générales assure une fertilisation croisée des divers réseaux (télécoms, transports, électricité, …) aussi bien pour leur gestion propre que pour les revenus et les bénéfices générés par leur utilisation par les acteurs économiques. Cette fertilisation croisée, permanente et durable, suscite dans toute la zone irriguée par ces infrastructures un réel développement, indépendamment des cours du pétrole car essentiellement de nature endogène.

Enfin, on n’insistera jamais assez sur le fait que des projets appliquant la méthodologie SIR sont aussi les projets obtenant des conditions financières optimales pour leur(s) emprunt(s) auprès des institutions financières internationales (IFI) ou bilatérales et des banques d’investissement privés, car présentant un risque minimal de viabilité, d’erreur de valorisation ou de « dérapage » majeur des coûts complets (CAPEX + OPEX). Et le Nigeria est particulièrement sensible aux conditions financières drastiques de ses emprunts du fait que son économie repose en majeure partie sur les cours du pétrole, au plus bas encore pour un « certain temps ».   

 A Strasbourg, le 10 août 2016

Jean-Louis Fullsack

 

 

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