Kenya : Accès à l’électricité ou accès à l’Internet ?

1 – L’information

Source : TeleGeography

Kenya Power to offer FTTH connections by year-end

4 Aug 2016 – TeleGeography

State-owned utility firm Kenya Power expects to start rolling out fibre-to-the-home (FTTH) connections in partnership with telecoms operator Safaricom in December this year, the company’s Managing Director Ben Chumo told Citizen Digital. An ISP subsidiary, known as Kenya Power International, has been established to operate the FTTH business, providing the utility firm with an alternative revenue stream. ‘We have close to five million homes connected to the grid and we want to take advantage of the grid to deliver the fibre to homes,’ Chumo said, adding that the internet service will be more affordable than rival offerings because Kenya Power will not have to dig trenches to lay the fibre-optic cables.

As previously reported by TeleGeography’s CommsUpdate, Kenya Power signed a memorandum of understanding (MoU) with Safaricom in April 2016 for the launch of a twelve-month fibre-optic pilot project that will initially see around 12,000 Nairobi households connected to the internet. Under the partnership, Safaricom agreed to lease Kenya Power’s fibre infrastructure, which stretches 4,000km in total, to provide homes with last-mile broadband connections.

safa-kplc

 

2 – Mon commentaire :

Il est toujours difficile de trouver rationnelle l’ouverture d’un nouveau créneau –et d’une technologie de toute autre nature- dans une entreprise qui ne brille pas (c’est un doux euphémisme !) dans le domaine et les fonctions qui lui ont été assignées, à savoir le réseau de transport et de distribution d’électricité et le service public de fourniture d’électricité au pays. Et cela tout simplement pour « profiter d’une nouvelle source de revenus » ! Au mieux peut-on lui souhaiter un plus grand succès dans les TIC et l’Internet que dans ses attributions historiques !

Mais l’article est aussi ambigu sur le partage des rôles entre Kenya Power et Safaricom, s’agissant de la fourniture d’accès à l’Internet via la technologie FTTH. Il est écrit que « Safaricom a accepté de louer l’infrastructure fibre de Kenya Power dont la longueur atteint 4 000 km ». C’est le monde à l’envers ou le rédacteur qui déraille, car les bâtiments et logements ne sont pas alimentés en électricité par la fibre ! A contrario, la fibre en technologie FTTH va jusqu’à l’abonné et de ce fait elle est du ressort de l’opérateur télécoms, donc de Safaricom ! J’ai donc cherché dans ma Base de Données Réseau  … et trouvé un article de TeleGeography du 7 avril dernier intitulé « Safaricom, Kenya Power team up for FTTH pilot ». On y apprend que les deux sociétés ont chacune un réseau d’accès FO, celui de Safaricom a une longueur totale de 3 200 km et dessert 7 000 foyers, et celui de Kenya Power est long de 4 000 km et dessert 12 000 foyers. Ce qui suppose que l’électricien a investi dans les plates-bandes des opérateurs de télécoms … Alors que seulement 20% des Kényans avaient accès à l’électricité en 2012 (des statistiques plus récentes sont rares et peu fiables), l’opérateur public investit dans un secteur, les TIC/télécoms, déjà largement concurrentiel au Kenya avec 4 réseaux nationaux de fibres optiques qui se disputent le terrain et les clients.

Qu’à cela ne tienne : le PDG de Kenya Power vise un revenu de 10 M$ en 2017 (pour 2,5 M$ en 2015) tiré de la location de fibres à des opérateurs de réseau. Mais les clients qu’il cite louent des fibres sur le réseau de transport HT national et non dans les réseaux d’accès !

On reste donc encore dans le paradoxe … tout en frisant le scandale. Car le dévoiement de l’opérateur d’électricité public à un coût, que son PDG se garde bien de mentionner. Probablement les journalistes auxquels il s’est adressé ont « oublié » de lui poser des questions qui fâchent.  

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