Transsaharienne FO : Quelles contraintes? Quelle option ?

1 – L’information

Cable Compendium: a guide to the week’s submarine and terrestrial developments

5 Aug 2016 _ TeleGeography

International

(….)

ICT ministers from four African nations – Algeria, Mali, Niger and Chad – have met to discuss a project to construct a trans-Saharan fibre-optic cable to boost broadband connections between the north, west and central African regions of the continent. China’s state Xinhua News Agency reports that the officials discussed ‘the natural, structural and organisational’ issues that currently prohibit the full construction of the link. According to the New Partnership for Africa’s Development (NEPAD), the 4,500km terrestrial fibre-optic cable will follow the route of the Nigeria-Algeria trans-Sahara gas pipeline. NEPAD said that the Algerian section of the network has been completed and ‘is now fully operational’; a USD340,000 feasibility study for the onward connection to Chad has been completed and a similar study for Niger ‘is estimated to be completed in 2016.’

L’info selon Ecofin :

imane

L’Algérie, le Mali, le Niger et le Tchad planchent sur une interconnexion par fibre optique

-   mercredi, 03 août 2016

(Agence Ecofin) – Les ministres en charge des télécommunications et technologies de l’information et de la communication d’Algérie, du Mali, du Niger et du Tchad se sont réunis le 28 juillet 2016 à N’djamena pour discuter d’une stratégie visant à interconnecter les quatre pays par une dorsale transsaharienne de fibre optique. Il a été soumis à cet effet aux ministres, pour validation, un document détaillant la nature de ce projet, tant en termes de contraintes naturelles, structurelles qu’organisationnelles.

Le projet, qui figure dans les politiques de développement des télécommunications et TIC des pays impliqués, vise à les doter d’une connectivité adéquate pour la réalisation de leurs ambitions de croissance économique et sociale portée par le numérique. La dorsale transsaharienne de fibre optique, dans chaque pays qu’elle traversera, devra renforcer et sécuriser la connectivité internationale large bande; offrir à la population un accès aux services TIC à un coût abordable; contribuer à la réduction de la pauvreté ; et contribuer au développement des services e-administration, e-éducation, e-santé, et e-commerce.

Note JLF : Avant de « sécuriser la connectivité internationale large bande », la dorsale transsaharienne exigera … d’être sécurisée contre tout acte de sabotage ce qui, au vu de son parcours dans des zones instables et/ou à hauts risques, exigera une surveillance et une protection permanentes très coûteuses tout en n’offrant qu’une sécurité relative.

D’après Michel Djiena Wembou, le représentant résidant de la Banque Africaine de Développement (BAD) au Tchad, dont les propos sont rapportés par Xinhua, cette dorsale de fibre optique soutenue par l’institution financière « permettra d’accélérer la diversification des économies des pays bénéficiaires à travers l’accès des populations et des entreprises à des services de télécommunications de qualité et à des coûts plus abordables ».

Muriel Edjo

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2 – Mon commentaire :

On espère que les ministres ont aussi évoqué les risques encourus par cette transsaharienne, évoqués dans ma note ci-dessus. Et évalué différentes solutions … et leurs coûts.

Plus généralement, un grand nombre de questions attend des réponses plus claires.

Les deux études de faisabilité de 340 000 $ évoqués par TeleGeography ont-elles intégré les risques auxquels doit faire face cet axe de communication ? Quelle est l’autorité qui a rédigé le Cahiers de charges de ces études et qui les a lancées et financées ? Quels en ont été les thèmes majeurs ? La sécurité, la gestion et l’entretien, l’organisation fonctionnelle et opérationnelle, les moyens humains, matériels et financiers (budget régulièrement abondé) sont-ils spécifiés ? Pour un projet dont le coût prévisionnel devrait être de l’ordre de plusieurs millions de dollars ces questions sont fondamentales.

On voit bien que ce projet est traité superficiellement et rapporté comme s’il s’agissait d’une artère réalisée dans un environnement pacifique et accueillant, bref sans problèmes ! Nulle part n’apparaît la problématique de la sécurisation de cette transsaharienne qui exigera une véritable organisation militaire transnationale que seule l’Algérie paraît en situation de mettre en oeuvre. Les réponses pertinentes à cette problématique sont les conditions sine qua non pour la faisabilité d’une telle artère.

Enfin, quid de la Transsaharienne routière, ce projet d’autoroute Alger – Lagos (voir carte ci-dessus) qui est dans les cartons du NEPAD depuis bien longtemps ? Voilà une plateforme idéale pour la pose d’une artère FO transsaharienne car accessible facilement et offrant les externalités les plus intéressantes pour sa réalisation (grâce à l’application de la méthodologie SIR) ! Un projet empruntant cet axe routier avait été développé par l’Union africaine (UA) ; il dort probablement sur une autre étagère au siège de l’UA (voir photo en tête de l’information) … En attendant on sort la transsaharienne FO Alger-Niger. Pour justifier une réunion de ministres ? Se rappellent-ils seulement que le Programme pour le développement des infrastructures en Afrique (acronyme PIDA), lancé en 2010 par l’UA présidée alors par Jean Ping, avait conçu très intelligemment le principe des Corridors multimodaux associant -selon les cas- route, voie ferrée, télécommunications, électricité et énergie sur un axe de communications vital pour l’Afrique dans un seul espace linéaire. Mieux, ces « sages » africains avaient donné la priorité à ces couloirs !

La raison et le réalisme –mais aussi l’économie au sens large- plaident en faveur de l’option selon laquelle la partie de l’artère Alger–Niger-Tchad desservant ces deux derniers soit une dérivation opérée sur l’axe/Couloir multimodal Alger-Lagos. Il faut donc étudier le site optimum de ce couloir le long de sa traversée du Niger (p.ex. Agadez) pour desservir en dérivation la capitale Niamey et le Tchad (NDjaména).

Mais dans tous les cas, ce projet doit comporter deux volets, complètement différents mais fortement corrélés : le volet technique avec son tracé et sa gestion, et le volet sécuritaire avec l’implantation et l’organisation d’intervention des forces armées et de sécurité des pays concernés. Seule cette approche, bidimensionnelle et simultanée, pourra conférer la viabilité indispensable au Corridor multimodal Alger-Lagos avec ses dérivations pour la desserte du Niger et du Tchad.

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