Niger : Souhaits de succès et longue vie à Niger Télécom

Source : Jeune Afrique

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Le gouvernement nigérien annonce le lancement de Niger Telecom

30 septembre 2016  — Mis à jour le 30 septembre 2016

Par Julien Vallet

 

En grande difficulté financière, les deux compagnies nationales de téléphonie, Sonitel (fixe) et Sahelcom (mobile) vont être fusionnées pour donner naissance à une seule entité : Niger Telecom. Le Niger entend ainsi mutualiser les ressources et disposer d’un seul opérateur comme les autres pays de la région.

 Le Niger s’apprête à fusionner ses deux principales compagnies nationales de télécommunication, Sonitel et Sahelcom, rapporte l’agence Reuters. Les deux sociétés seront regroupées dans une seule entité baptisée Niger Telecom, dotée d’un capital de départ de 23,5 milliards de francs CFA (35 millions d’euros).

Si le gouvernement nigérien avait déjà approuvé cette mesure en octobre dernier, l’annonce officielle en a été faite ce 28 septembre par le ministre des Télécommunications, Yahouza Sadissou, au sortir du Conseil des ministres mercredi.

S’étendre en Afrique de l’Ouest

Le but de l’opération est tout à la fois, selon le ministre, de gagner des parts de marché dans le secteur en Afrique de l’Ouest, mutualiser les ressources techniques, rendre l’opérateur national plus attractif mais aussi de disposer d’un seul opérateur à l’instar des autres pays de la région.

En grande difficulté financière, la Société sahélienne des communications (Sahelcom, mobile et internet) et la Société nigérienne des télécommunications (Sonitel, fixe et internet) avaient été nationalisées en 2012. Cette dernière détient un quasi-monopole de fait sur la téléphone fixe avec 155 490 abonnés soit 99,77 % de parts de marché, fin 2014.

Par ailleurs, sept millions de Nigériens, sur 17 millions d’habitants, sont abonnés à un opérateur de téléphonie mobile. En 2015, Sahelcom détenait environ 347 000 abonnés, loin derrière le leader indien Bharti Airtel (3,5 millions d’abonnés et 58,62 % de parts de marché), le français Orange (1,67 million – 27,5 %) et Maroc Telecom (604 499 – 9,96 %).

Les deux opérateurs ont été dans le rouge de 2010 à 2015, avec un résultat net négatif d’environ -2,5 milliards de francs CFA chacun en 2013

Julien Vallet

 

Mon commentaire

Les données fournies par l’article, anciennes, nécessiteraient une actualisation pour être pertinentes. Signe probable de la faiblesse, voire des carences, des statistiques, un mal endémique en Afrique. On peut aussi regretter que l’ambition affichée par Niger Télécom soit d’abord « d’assurer des parts de marché dans l’Afrique de l’Ouest », ce qui semble a priori peu réaliste, puis de « rendre l’opérateur national plus attractif ». On n’est pas dans un concours de beauté mais dans l’univers impitoyable du néolibéralisme où le marché est roi et la concurrence la règle !

C’est avec plaisir que je souhaite longue vie, courage (la dette est un vrai défi !) et réussite à Niger Télécom, à ses cadres et à son personnel. Cependant je pense qu’il faut rappeler aux responsables nationaux davantage de réalisme, de proximité avec les besoins réels des acteurs administratifs, économiques et sociaux du Niger, sans oublier ceux de la population.  Enfin, Niger Télécom a besoin d’une  vision stratégique pour le déploiement de son réseau et pour son offre des services focalisés sur le développement durable du pays. Dans ce cadre, la priorité de l’opérateur devait être accordée au niveau national à sa consolidation, à l’organisation fonctionnelle et opérationnelle de son réseau, et à la réalisation d’un réseau national dorsal ainsi que de l’interconnexion de celui-ci avec le réseau sous-régional de la CEDEAO. En outre il devra assurer la fourniture des services aux utilisateurs, structures gouvernementales et territoriales, aux entreprises, aux organisations et à la population via des réseaux d’accès appropriés, contribuant ainsi au développement durable du pays. Ainsi conforté sur son territoire national et parallèlement à son interconnexion sous-régionale, Niger Télécom pourra trouver de nouvelles opportunités pour son développement hors des frontières, notamment dans le cadre de l’intégration sous-régionale.

Je me plais aussi à rappeler que CSDPTT avait été très active au Niger jusqu’en 2005 grâce aux relations étroites et solidaires avec nos collègues et amis de la Sonitel. La dernière mission avait comme objet l’étude de faisabilité d’un réseau de desserte rurale de la Région de Tillabery (effectuée en 2005, financée par le PNUD et le Ministère des Affaires extérieures du Luxembourg et effectuée par Christian Nguekeng). Le CESIR a pris la relève de CSDPTT dans le domaine de la conception et du déploiement des réseaux ; il est disponible pour contribuer, dans la mesure de ses moyens et en sincère solidarité, aux réflexions et aux orientations dans ce domaine de Niger Télécom.   

Le 4 octobre 2016

Jean-Louis Fullsack
Ancien président de CSDPTT, président du CESIR

 

 

 

 

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