Niger : Souhaits de succès et longue vie à Niger Télécom – Suite

A la suite de l’article précédent, j’ai trouvé l’information ci-dessous, publiée par l’Agence Ecofin, qui me paraît le compléter parfaitement et qui m’a incité à rechercher dans ma Base de Données « Evolution des réseaux en Afrique » des informations utiles au lecteur pour contextualiser la naissance … et les premiers pas de Niger Télécom. 

 

Source : Agence Ecofin

Niger Telecom est le nouvel opérateur public nigérien, né de la fusion entre Sonitel et SahelCom

-   lundi, 03 octobre 2016

(Agence Ecofin) – Au terme du conseil des ministres du 28 septembre 2016, le gouvernement du Niger a annoncé le lancement prochain d’une nouvelle société nationale des télécommunications. Dénommé Niger Telecom, le nouvel opérateur est le fruit de la fusion réussie entre l’opérateur historique, la  Société nigérienne des télécommunications (Sonitel), et sa branche mobile, la Société sahélienne de communication (SahelCom), tous deux moribonds depuis 2005. La fusion de ces deux entités, engagée depuis 2015, a finalement été officialisée, le 26 septembre 2016.

Selon Yahouza Sadissou,  le ministre des télécommunications, Niger Telecom sera doté d’un capital initial de 23,5 milliards Fcfa. Sa création découle d’un besoin de redynamisation du secteur national des télécommunications. Le gouvernement a opté pour la fusion des deux opérateurs nationaux, dans un souci de mutualisation des ressources techniques, financières et sociales, indispensables pour garantir une gestion optimale et rationnelle. Le ministre des télécoms a ajouté que Niger Telecom mettra, à la disposition des populations, une offre globale de services innovants sur les réseaux de téléphonies fixe et mobile.

Abdou Mani, l’ex-ministre nigérien des télécommunications, avait confié que la nouvelle société, née de la fusion entre Sonitel et SahelCom, devrait également achever le déploiement de la fibre optique, à travers le pays. En juillet 2012, Sonitel avait en effet signé une convention avec la société égyptienne Elsewedy Electric pour la réalisation d’un projet de près de 700 km de fibre optique sur des tronçons partant de Birni N’Konni vers Maradi-Zinder, Tahoua et la frontière du Nigeria. Cette infrastructure viendra compléter le réseau de fibre optique existant entre Niamey, la frontière du Burkina Faso, et la frontière du Bénin. De quoi lui donner un avantage sur ses concurrents mobiles que sont Airtel, Orange et Moov.

Sonitel et SahelCom qui se muent en Niger Telecom, ont vu le jour à la fin des années 90. Elles seront privatisées en 2001, par l’Etat, suite à des difficultés financières. Le consortium sino-libyen Dataport en devient alors l’actionnaire principal, avec 51% des parts. En 2004, la libéralisation du marché télécoms va briser leur monopole, leur occasionnant de nouveaux problèmes financiers.

Sonitel et SahelCom ont perdu beaucoup d’abonnés. Leurs revenus sont également en chute. Même l’investissement de 85 milliards Fcfa (146 millions de dollars), consenti par le gouvernement en 2012, pour améliorer les offres et la qualité du service, ne changera rien à la situation des deux entreprises. La même année, l’Etat décide finalement de renationaliser les deux entités, le temps de repenser leur activité. La fusion apparaîtra plus tard comme la solution la plus appropriée.

Muriel Edjo

Mon commentaire

Je renvoie le lecteur, éventuellement intéressé à approfondir son information, aux articles de ma Base de Données « Evolution des réseaux africains » ci-dessous. Il pourra les trouver sur Internet en entrant leur titre dans le moteur de recherche. Quant à mes commentaires de chacun d’eux, je les enverrai à la demande, soit via l’espace réservé au commentaire, soit via courriel à mon adresse (jlfullsack@orange.fr). Ils se situent dans la période entre juillet et décembre 2012  et janvier 2013, ainsi que plus récemment. Le thème traité est entre parenthèses :

- 2 juillet 2012 : Cable firm inks fiber deal with Sonitel (“optical fiber and power transmission projects”, 350 M$)

- 29 septembre 2012 : Niger: la bataille de la fibre optique s’annonce ardue entre Etat et opérateurs privés (Orange et Airtel construisent en catimini leur infrastructure FO en parallèle avec celle de la Sonitel)

- 3 octobre 2012 : Sonitel union seeks end to duplicate fiber roll-outs (opposition syndicale aux câbles FO concurrençant ceux de la Sonitel)

- 15 janvier 2013 : Niger : Du rififi autour de l’installation de la fibre optique (Déclaration de la Convergence syndicale du secteur des télécoms de la Sonitel au Président de la République : obligation au partage des infrastructures de la Sonitel, mise en demeure pour Airtel et Orange)

- 22 décembre 2015 : Le réseau de fibre optique du Niger, long de 2227 km, sera achevé d’ici fin 2016 (titre ambigu ; contrat de 100 millions de dollars financé par EximBank China)

- 2 septembre 2016 : Cable compendium : a guide to the week’s submarine and  terrestrial developments (Trans-Sahara Backbone, parcours au Niger d’Assamaka à Tinkim soit 1007 km) 

 

S’agissant de l’investissement de 146 millions de dollars consenti par le gouvernement et cité dans la conclusion de l’article de l’Agence Ecofin, il aura servi en grande partie à réaliser les artères FO mentionnées. Il reste le problème du montant anormalement élevé de cette réalisation, qui appelle de sérieuses réserves quant à son coût, et devrait enclencher un processus en vue de sa révision. En outre il y a lieu de recommander fortement une plus grande rigueur dans l’étude, la mise en œuvre, le développement et l’extension du réseau de la Sonitel. A cette fin, la recherche systématique de la synergie inter-réseaux SIR (notamment en associant les réalisations d’artères FO avec le déploiement d’infrastructures routières, électriques ou d’oléo/gazoducs) doit être érigée en règle. De même il y a lieu de recourir systématiquement à un appel d’offres international étayé par un Cahier des charges pertinent et contraignant pour toute réalisation d’artères et d’équipement du réseau de la Sonitel. Ces deux dispositions appliquées avec rigueur permettront des économies substantielles des montants des investissements (CAPEX) et de garantir un bon fonctionnement et une qualité de services appropriée, donc de tenir dans des limites financièrement supportables les coûts d’exploitation (CAPEX). Des bases solides et durables pour donner à Niger Télécom toutes les chances pour s’imposer dans le secteur des TIC/télécommunications au Niger tout comme dans la Sous-région de la CEDEAO.  

   

Dans cette perspective, un véritable audit semble souhaitable (nécessaire ?) en commençant par l’inventaire du réseau FO existant tous opérateurs confondus. A partir des résultats enregistrés, on pourrait alors définir le tracé du réseau dorsal cible ; il sera à l’évidence supérieur aux 2275 km annoncés dans l’article du 22 décembre 2015.

En effet, si on tient compte des 1007 km de l’artère FO Alger –Lagos projetée (Trans-Sahara Backbone) qui traverse le Niger du Nord au Sud (voir mes infos citées plus haut) et sur lequel il faudrait prévoir au moins 12 fibres au titre du réseau dorsal de la Sonitel, il ne reste que 1220 km à ce réseau national FO. Or la seule artère nationale « Ouest-Est », entre la frontière avec le Burkina Faso et celle avec le Tchad, est nettement supérieure à cette longueur ! Notons en passant que ce décompte nous incite à admettre que les 2275km de câbles FO correspondent au montant de  près de 100 M$ prêtés par l’Exim Bank China  (cf. l’information du 22 décembre 2015), ce qui représente un coût moyen record absolu en Afrique de 44k$/km qui justifie amplement les réserves exprimées plus haut et par conséquent conforte les recommandations émises.  

 

La Sonitel aura besoin de mobiliser autour d’elle l’ensemble des acteurs politiques et économiques, mais aussi la société civile voire la solidarité internationale notamment via la Convergence syndicale, pour réaliser le réseau de télécoms qui permettra au Niger de se développer sur tous les plans et donnera à l’ensemble de sa population les moyens d’information et de communication dont elle a besoin. Sans oublier les radios et télés communautaires qui sont des acteurs incontournables, efficaces et généreux dans ces vastes espaces qui caractérisent le Niger. Ils doivent être les bénéficiaires privilégiés du déploiement du réseau de télécoms national.

 

Strasbourg, le 10 octobre 2016

 

Jean-Louis Fullsack

Niger : Souhaits de succès et longue vie à Niger Télécom

Source : Jeune Afrique

http://www.jeuneafrique.com/361715/economie/niger-gouvernement-annonce-lancement-de-niger-telecom/?utm_source=Newsletter_JA_Actu&utm_medium=Email&utm_campaign=Newsletter_JA_Actu_03_10_16

Le gouvernement nigérien annonce le lancement de Niger Telecom

30 septembre 2016  — Mis à jour le 30 septembre 2016

Par Julien Vallet

 

En grande difficulté financière, les deux compagnies nationales de téléphonie, Sonitel (fixe) et Sahelcom (mobile) vont être fusionnées pour donner naissance à une seule entité : Niger Telecom. Le Niger entend ainsi mutualiser les ressources et disposer d’un seul opérateur comme les autres pays de la région.

 Le Niger s’apprête à fusionner ses deux principales compagnies nationales de télécommunication, Sonitel et Sahelcom, rapporte l’agence Reuters. Les deux sociétés seront regroupées dans une seule entité baptisée Niger Telecom, dotée d’un capital de départ de 23,5 milliards de francs CFA (35 millions d’euros).

Si le gouvernement nigérien avait déjà approuvé cette mesure en octobre dernier, l’annonce officielle en a été faite ce 28 septembre par le ministre des Télécommunications, Yahouza Sadissou, au sortir du Conseil des ministres mercredi.

S’étendre en Afrique de l’Ouest

Le but de l’opération est tout à la fois, selon le ministre, de gagner des parts de marché dans le secteur en Afrique de l’Ouest, mutualiser les ressources techniques, rendre l’opérateur national plus attractif mais aussi de disposer d’un seul opérateur à l’instar des autres pays de la région.

En grande difficulté financière, la Société sahélienne des communications (Sahelcom, mobile et internet) et la Société nigérienne des télécommunications (Sonitel, fixe et internet) avaient été nationalisées en 2012. Cette dernière détient un quasi-monopole de fait sur la téléphone fixe avec 155 490 abonnés soit 99,77 % de parts de marché, fin 2014.

Par ailleurs, sept millions de Nigériens, sur 17 millions d’habitants, sont abonnés à un opérateur de téléphonie mobile. En 2015, Sahelcom détenait environ 347 000 abonnés, loin derrière le leader indien Bharti Airtel (3,5 millions d’abonnés et 58,62 % de parts de marché), le français Orange (1,67 million – 27,5 %) et Maroc Telecom (604 499 – 9,96 %).

Les deux opérateurs ont été dans le rouge de 2010 à 2015, avec un résultat net négatif d’environ -2,5 milliards de francs CFA chacun en 2013

Julien Vallet

 

Mon commentaire

Les données fournies par l’article, anciennes, nécessiteraient une actualisation pour être pertinentes. Signe probable de la faiblesse, voire des carences, des statistiques, un mal endémique en Afrique. On peut aussi regretter que l’ambition affichée par Niger Télécom soit d’abord « d’assurer des parts de marché dans l’Afrique de l’Ouest », ce qui semble a priori peu réaliste, puis de « rendre l’opérateur national plus attractif ». On n’est pas dans un concours de beauté mais dans l’univers impitoyable du néolibéralisme où le marché est roi et la concurrence la règle !

C’est avec plaisir que je souhaite longue vie, courage (la dette est un vrai défi !) et réussite à Niger Télécom, à ses cadres et à son personnel. Cependant je pense qu’il faut rappeler aux responsables nationaux davantage de réalisme, de proximité avec les besoins réels des acteurs administratifs, économiques et sociaux du Niger, sans oublier ceux de la population.  Enfin, Niger Télécom a besoin d’une  vision stratégique pour le déploiement de son réseau et pour son offre des services focalisés sur le développement durable du pays. Dans ce cadre, la priorité de l’opérateur devait être accordée au niveau national à sa consolidation, à l’organisation fonctionnelle et opérationnelle de son réseau, et à la réalisation d’un réseau national dorsal ainsi que de l’interconnexion de celui-ci avec le réseau sous-régional de la CEDEAO. En outre il devra assurer la fourniture des services aux utilisateurs, structures gouvernementales et territoriales, aux entreprises, aux organisations et à la population via des réseaux d’accès appropriés, contribuant ainsi au développement durable du pays. Ainsi conforté sur son territoire national et parallèlement à son interconnexion sous-régionale, Niger Télécom pourra trouver de nouvelles opportunités pour son développement hors des frontières, notamment dans le cadre de l’intégration sous-régionale.

Je me plais aussi à rappeler que CSDPTT avait été très active au Niger jusqu’en 2005 grâce aux relations étroites et solidaires avec nos collègues et amis de la Sonitel. La dernière mission avait comme objet l’étude de faisabilité d’un réseau de desserte rurale de la Région de Tillabery (effectuée en 2005, financée par le PNUD et le Ministère des Affaires extérieures du Luxembourg et effectuée par Christian Nguekeng). Le CESIR a pris la relève de CSDPTT dans le domaine de la conception et du déploiement des réseaux ; il est disponible pour contribuer, dans la mesure de ses moyens et en sincère solidarité, aux réflexions et aux orientations dans ce domaine de Niger Télécom.   

Le 4 octobre 2016

Jean-Louis Fullsack
Ancien président de CSDPTT, président du CESIR

 

 

 

 

Un peu d’histoire et un hommage

En cherchant une information laissée sur mon précédent portable je suis tombé sur un document oublié : mon discours de remerciements pour l’attribution de l’ « At d’Or » » en janvier 2007. De l’histoire ancienne ? Peut-être, mais à sa lecture ce document n’a pas pris une ride, et il m’a semblé intéressant de le rappeler. D’autant plus que le Sommet mondial de la société de l’information (SMSI), dont il y est question, s’est vu accorder une prolongation par l’Assemblée générale des Nations unies … et les problématiques soulevées sont toujours en instance, près de dix ans après !

Mais il y a aussi une raison plus profonde qui m’a incité à publier ce document, c’est celle de rendre hommage à deux personnalités très différentes, qui m’ont -chacun à sa manière- fortement aidé dans ma démarche, mon engagement et mes contributions notamment dans le cadre du SMSI et des institutions européennes, et auxquelles je me devais d’exprimer ma gratitude et de rendre un hommage mérité.

Merci aux lecteurs de partager ce vœu personnel.

Je vous propose donc dans l’ordre

  • l’information sur « Les vœux de l’Internet » organisé par un groupe d’ONG et de militants français du domaine de l’infocom,
  • mon discours de remerciements,  et
  • l’hommage posthume à Michel Rocard et à mon ami Francis Muguet.

 

Voeux de l’Internet Europe

Strasbourg – 16 janvier 2007

lundi 1er janvier 2007.

Denis MARION Président de TFT

 

Les Voeux Internet Europe 2007

Les Voeux Internet Europe 2007 se veulent une manifestation fraternelle, agile et communicante à l’image de l’Internet et qui s’appuient naturellement sur le succès des Voeux de l’Internet version française depuis 2004.

Ainsi c’est au tour de Strasbourg, siège du Parlement Européen que les organisateurs, très impliqués dans les deux sommets mondiaux de la société de l’information de Genève et de Tunis, souhaitent associer l’image de la « Nouvelle Europe » aux Nouvelles Technologies en organisant les Voeux de l’Internet Europe !

Cet événement bon enfant et sans prétention traduit l’expression même de la société civile européenne qui désire à sa manière souhaiter les voeux à elle-même de façon réticulaire et montante….

….et à quelques personnalités européennes motivées par les formidables enjeux de l’Internet et des nouvelles technologies en général choisies par un jury injuste à l’ordinaire et partial à souhait !

Auparavant et à titre d’introduction, les voeux traditionnellement orientés vers l’avenir, n’empêchent pas les organisateurs de donner la place à un Bilan SynthéTIC de l’année passée 2006.

l’Agenda Numérique 2007 entrera alors en scène : son objectif est de permettre à l’auditoire (et aux internautes par le biais des sites partenaires) de visualiser les manifestations 2007 et de dresser ainsi un premier panorama prospectif de la future année digitale.

La tradition veut que cela soit les initiateurs en personne qui colportent la bonne nouvelle de leurs propres événements à venir, dans l’arène de la salle en prise direct avec l’auditoire.

Les Golden At récompenseront quatre catégories : art ; politique ; économie et société civile. Le jury veillera à l’esprit du vote : quatre personnalités européennes au parcours innovant qui ont marqué l’année 2006 dans le monde du multimédia et des TIC.

Enfin cette soirée se terminera par le verre de l’amitié autour d’un buffet citoyen facilitant ainsi des conversations à bâton rompus, moment des plus attendus et sympathiques si l’en est.

  date : 16 janvier 2007
horaire : 19h – 22h
lieu : Association Parlementaire Européenne

Programme à titre indicatif Voeux Internet Europe 2007 :
Accueil
Discours introductif
Bilan SyntheTIC
Agenda Numérique
E-Toiles d’Or
Clôture
Buffet citoyen européen

World Tour of Information Society 130, route de Bordeaux
16400 La Couronne
0033 (0)873 050 469
0033 (0)676 080 141

Commissariat général : Denis Marion et Francis Muguet
denis.marion@wtis.org
francis.muguet@wtis.org

http://www.wtis.org/http://voeux-internet.net/

N° Siret 452 275 878 00011 N° Déclaration d’existence 0161098595 Marque déposée  » Voeux de l’Internet » tous droits réservés TFT Organisation.

liens : http://www.salgues.net/

 

 Remerciements et déclaration de Jean-Louis Fullsack,

Président de CSDPTT
( HYPERLINK « http://www.csdptt.org« )

Lauréat du « Golden At » au titre de la Société civile

 

 Honorables parlementaires européens, Mesdames, Messieurs, chers amis

Ce fut pour moi une agréable surprise d’entendre Denis Marion et Francis Muguet m’annoncer que le « Golden At » de la société civile me sera attribué ce soir. Je les en remercie personnellement avec un brin de fierté teintée d’émotion.

 Cependant, la distinction qui m’honore ce soir ne me revient pas à moi mais à l’ONG que j’ai l’honneur de présider, CSDPTT, car sans elle je ne serais pas ici. C’est donc à « mon » association et à l’engagement actif et désintéressé de mes camarades que je dédie cette récompense.

 Qu’est CSDPTT ? Coopération, Solidarité, Développement des PTT : tout est dit. Mais encore ?

Depuis 1990  nous sommes engagés sur le terrain -en Afrique francophone- en particulier dans le domaine des télécoms, pour raccorder au réseau fixe terrestre, des villages du Sahel isolés et ignorés par « le marché ». Nos membres, techniciens et ingénieurs « rois de la bidouille », y mouillent leur chemise avec nos partenaires africains. Au bout de leur commun effort, un accès durable grâce à notre principe de fonctionnement tripolaire : CSDPTT avec ses professionnels engagés de France Télécom et de La Poste d’une part, notre association sœur formée de professionnels de l’opérateur public national africain d’autre part, et enfin, l’association du village qui porte le projet d’accès depuis sa demande jusqu’à son exploitation

 Quant à nos membres de La Poste, ils sont agents ou cadres, fins connaisseurs de réseaux de services, d’Internet et du protocole IP. Ils interviennent en conseil, ou en formation des collègues africains et des utilisateurs des services, y compris des associations locales partenaires.

 D’autres membres sont des experts internationaux (dont UIT), anciens ou en activité, ce qui confère à l’association une bonne connaissance à la fois des mécanismes internationaux et –surtout- des réseaux en Afrique et de leurs spécificités très particulières, en grande partie ignorées, notamment par les bailleurs de fonds dont l’UE est le plus important. D’où mon interpellation des eurodéputés et membres de la Commission : écoutez CSDPTT plutôt que les 15 000 lobbyistes professionnels gravitant autour des tours vitrées de Bruxelles ! Conjointement avec ses spécialistes techniques déjà cités, ces experts confèrent à CSDPTT un précieux potentiel en termes de consultance auprès des responsables des opérateurs publics africains et en termes de formation de leurs cadres et techniciens. Ces deux activités ont constitué l’essentiel de notre engagement de l’an passé.

 S’agissant du SMSI, CSDPTT s’y est engagé dès le début, non pour le suivre mais pour y faire entendre sa voix, ses analyses et ses propositions. Je vous invite à visiter notre site   HYPERLINK « http://www.csdptt.org » pour vous rendre compte du travail que nous y avons effectué, par exemple en lisant nos contributions tant dans le cadre de la Plénière de la SC que dans celui des plénières intergouvernementales ou de leurs groupes de travail spécialisés. Je résume les trois axes essentiels qui ont présidé à la majorité de ces contributions:

  • Avant la « fracture numérique » les PeD, et plus particulièrement l’Afrique, souffrent de la « fracture «énergétique ». En conséquence, CSDPTT demande la prise en compte systématique des sources d’alimentation de type « énergie renouvelable » -notamment photovoltaïque- dans les projets TIC de ces pays.
  • L’UIT, à laquelle l’AG des Nations unies a confié le processus du SMSI et son suivi, doit recentrer son action sur ses fonctions constitutionnelles –le développement des télécommunications- et s’ouvrir à la société civile, afin de l’associer réellement dans le multi-partenariat recommandé par la Déclaration des principes du Sommet, condition sine qua non pour réussir la phase de mise en œuvre du Plan d’action du SMSI.
  • La politique des TIC en termes de développement doit donner la priorité à la création d’un accès au réseau télécoms/TIC pour chaque village dans les PeD,  notamment en Afrique. Cet objectif est d’une importance primordiale pour CSDPTT car il est un facteur essentiel pour le développement humain, social et économique de ces communautés et donc de leur pays.

Je profite, enfin, de la présence de parlementaires européens, pour dire combien les contacts avec eux et avec les hauts-fonctionnaires européens sont difficiles pour une ONG telle que CSDPTT … et son président. Je pratique ce sport à hauts risques -d’échec- depuis des années, et je ne constate pas beaucoup de progrès en contrepartie de mes engagements. Cette forme de politique de la tour d’ivoire a des conséquences néfastes et pour tout dire choquantes.

Ainsi, une bonne idée comme l’organisation des premières Journées Européennes du Développement (« EDDs ») en décembre dernier, a-elle été un fiasco car mal ciblée par ses géniteurs (la « gouvernance » -évidemment « bonne »- en était le thème comme si elle était le problème le plus urgent) et mal préparée, car sans concertation avec la société civile d’Europe et des pays ACP. Dans une Europe qui cherche un deuxième souffle pour s’affirmer, une telle attitude est carrément contre-productive. Je compte donc sur nos invités pour enclencher un changement significatif quant à l’inclusion de la Société civile ou au moins sa consultation dans les travaux et les projets entrepris par les institutions européennes dans l’avenir proche.

 Pour conclure, il me plaît de souligner qu’au même moment où son président reçoit le « Golden At », un autre membre de CSDPT se met en route pour le FSM de Nairobi où il présente au nom de notre association un atelier sur la privatisation des opérateurs publics de télécoms en Afrique, ses caractéristiques et ses conséquences, mais aussi nos propositions pour un autre développement des télécoms comme un service réellement public, et en tant que tel, outil d’aménagement du territoire pour les gouvernements des PeD.

Merci pour votre aimable attention.

En allemand

Einige Worte auf deutsch,

um die starke Beteiligung der deutschen Zivilgesellschaft (ZG) beim Weltgipfel für die Informationsgesellschaft zu unterstreichen.

In wenigstens zwei Hinsichten war diese klar zu erkennen :

  • Seitens der Personen  : Wolfgang, Ralf, Christine, Marianne, u.a.m. …
  • Seitens der Organisationen : die Heinrich Böll Stiftung war eine ideale Dachorganisation und hat wesentlich zum Informationsaustausch innerhalb der ZG sowie zwischen der ZG und den Regierungen beigetragen. 

 Im Allgemeinen haben die deutschen Gruppierungen durch ihre Analysen, Berichte und Vorschläge die gesamte ZG während des ganzen Weltgipfelprozesses stark geprägt

Dieser Beitrag hat die Dominanz der angelsächsichen Organisationen etwas gelindert und –schaue da !- indirekte Schützenhilfe für die französischsprachige Gruppierung („la francophonie“) aber auch für die spanischsprachige ZG geliefert. Hezlichen Dank also an unsere deutsche Freunde !

 

 Hommages …

A cette même cérémonie, Michel Rocard s’est vu attribuer « l’At d’Or » dans la catégorie politique (voir photo prise en cette soirée)

(elle sera insérée plus tard ; merci pour votre patience)

Neuf ans après cet événement, Michel Rocard nous a quittés. D’innombrables hommages lui ont été rendus jusqu’au plus haut niveau des institutions internationales et nationales.

 J’ai eu la grande chance de travailler avec Michel Rocard. Cela remonte à 1998. Il était alors Président de la Commission du Développement au Parlement européen et j’avais soumis à son attaché parlementaire mon concept de « la synergie inter-réseaux » (SIR) et sa méthodologie d’application pour les pays en développement, tout particulièrement africains. Il ne lui a pas fallu des semaines pour y réfléchir  … ou le laisser « sous le coude ». Nonobstant la « course d’obstacles » et le mur des lobbyistes qui entravent voire empêchent la société civile dans ses contacts avec le Parlement européen, Michel Rocard m’a reçu lors de la Session plénière qui a suivi ma requête. Accueil chaleureux pour un entretien prévu d’une heure … qui s’est prolongé bien au-delà car il avait trouvé ce concept non seulement intéressant mais innovant, notamment pour ce qui concerne le financement des infrastructures et l’efficacité de l’aide publique au développement dont l’UE est le contributeur mondial majeur. A l’issue de nos échanges sur la SIR et sur l’état des lieux des infrastructures générales –dont celles des télécommunications- en Afrique, Michel Rocard était convaincu de son adéquation, et qu’elle était en phase avec le partenariat, alors en préparation, entre l’UE et les pays  ACP.*

Mais il lui revenait d’en convaincre les membres de la Commission du développement et, au-delà, du Parlement européen. Il m’a donc demandé de montrer clairement le relations entre la SIR et le Programme du Fonds Européen pour le développement (FED), dont la huitième édition (1995-2000, Convention de Lomé IV et sa révision 4 bis) était en cours, et d’en évaluer l’impact financier et les  bénéficies de son application dans un Mémorandum à lui remettre dès que possible. Mes recherches dans les programmes d’infrastructures générales (routes, chemins de fer, électricité, oléo-et gazoducs, télécommunications) tant du FED que de la Commission de l’Union africaine, portant sur la période 1998-2003, ont montré qu’ils nécessitaient un volume d’investissement d’environ 5 milliards de dollars. L’application de la méthodologie de la SIR au domaine des infrastructures de télécommunications réaliserait –selon mes travaux de recherche dûment recensés et documentés- une économie entre 250 et 875 millions de dollars sur cinq ans, soit sensiblement de l’ordre de grandeur du montant financier du 8ème FED.  Le Mémorandum explicite lui a été remis en juillet 1998. Michel Rocard en était intimement convaincu et prêt à le soumettre à la Commission du développement du PE et aux parlementaires afin de le proposer sous une forme appropriée son principe à la Commission européenne.

 Hélas, les élections européennes de 1999 ont modifié sensiblement la composition du PE au profit des conservateurs du PPE ce qui a mis fin à la présidence de Michel Rocard à la Commission du développement … et aux perspectives de la SIR. Malgré une relance tentée en 2009-2010 auprès des instances européennes (Commission, BEI, PE), qui n’a pu aller plus loin que l’attaché parlementaire du président de la Commission du développement. Quand je vous ai dit que le dialogue entre la société civile et les instances européennes sont –et demeurent toujours- un parcours d’obstacles …

Raison de plus de ne pas oublier l’engagement européen, son attachement à la solidarité avec les PeD et plus particulièrement avec l’Afrique, même si nous avions quelques divergences sur certains projets discutables, tels que le pipeline Tchad-Cameroun.

C’est en toute sincérité que je tiens à honorer la mémoire de Michel Rocard.

Permettez-moi d’associer à cet hommage mon ami Francis Muguet qui nous a quittés, bien trop tôt et trop vite, voici bientôt 7 ans. Merci, cher Francis pour ton engagement, ta disponibilité et le spectre impressionnant de tes connaissances que tu aimais tant partager. Le SMSI nous a réunis et je garderai un souvenir toujours vivant de nos échanges et de nos contributions à cet événement mondial, ainsi que de ta rayonnante amitié.

Je n’oublierai jamais que je tu étais à côté de moi lors de mon arrêt cardiaque en pleine séance plénière du Forum du SMSI en mai 2009 à Genève, et ta vive réaction m’a valu d’être réanimé dans les meilleurs délais et donc de minimiser les séquelles … hors le bleu à l’œil comme le montre la photo (voir ci-dessous) prise au retour de mon séjour aux urgences de l’Hôpital cantonal de Genève ! A peine cinq mois plus tard, tu n’as pas eu la même chance, et c’est dans la solitude que tu as rendu l’âme. Cette injustice choquante m’interrogera toujours …

 (la photo sera insérée ultérieurement, merci pour votre compréhension)

Transsaharienne FO : Quelles contraintes? Quelle option ?

1 – L’information

Cable Compendium: a guide to the week’s submarine and terrestrial developments

5 Aug 2016 _ TeleGeography

International

(….)

ICT ministers from four African nations – Algeria, Mali, Niger and Chad – have met to discuss a project to construct a trans-Saharan fibre-optic cable to boost broadband connections between the north, west and central African regions of the continent. China’s state Xinhua News Agency reports that the officials discussed ‘the natural, structural and organisational’ issues that currently prohibit the full construction of the link. According to the New Partnership for Africa’s Development (NEPAD), the 4,500km terrestrial fibre-optic cable will follow the route of the Nigeria-Algeria trans-Sahara gas pipeline. NEPAD said that the Algerian section of the network has been completed and ‘is now fully operational’; a USD340,000 feasibility study for the onward connection to Chad has been completed and a similar study for Niger ‘is estimated to be completed in 2016.’

L’info selon Ecofin :

L’Algérie, le Mali, le Niger et le Tchad planchent sur une interconnexion par fibre optique

-   mercredi, 03 août 2016

(Agence Ecofin) – Les ministres en charge des télécommunications et technologies de l’information et de la communication d’Algérie, du Mali, du Niger et du Tchad se sont réunis le 28 juillet 2016 à N’djamena pour discuter d’une stratégie visant à interconnecter les quatre pays par une dorsale transsaharienne de fibre optique. Il a été soumis à cet effet aux ministres, pour validation, un document détaillant la nature de ce projet, tant en termes de contraintes naturelles, structurelles qu’organisationnelles.

Le projet, qui figure dans les politiques de développement des télécommunications et TIC des pays impliqués, vise à les doter d’une connectivité adéquate pour la réalisation de leurs ambitions de croissance économique et sociale portée par le numérique. La dorsale transsaharienne de fibre optique, dans chaque pays qu’elle traversera, devra renforcer et sécuriser la connectivité internationale large bande; offrir à la population un accès aux services TIC à un coût abordable; contribuer à la réduction de la pauvreté ; et contribuer au développement des services e-administration, e-éducation, e-santé, et e-commerce.

Note JLF : Avant de « sécuriser la connectivité internationale large bande », la dorsale transsaharienne exigera … d’être sécurisée contre tout acte de sabotage ce qui, au vu de son parcours dans des zones instables et/ou à hauts risques, exigera une surveillance et une protection permanentes très coûteuses tout en n’offrant qu’une sécurité relative.

D’après Michel Djiena Wembou, le représentant résidant de la Banque Africaine de Développement (BAD) au Tchad, dont les propos sont rapportés par Xinhua, cette dorsale de fibre optique soutenue par l’institution financière « permettra d’accélérer la diversification des économies des pays bénéficiaires à travers l’accès des populations et des entreprises à des services de télécommunications de qualité et à des coûts plus abordables ».

Muriel Edjo

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2 – Mon commentaire :

On espère que les ministres ont aussi évoqué les risques encourus par cette transsaharienne, évoqués dans ma note ci-dessus. Et évalué différentes solutions … et leurs coûts.

Plus généralement, un grand nombre de questions attend des réponses plus claires.

Les deux études de faisabilité de 340 000 $ évoqués par TeleGeography ont-elles intégré les risques auxquels doit faire face cet axe de communication ? Quelle est l’autorité qui a rédigé le Cahiers de charges de ces études et qui les a lancées et financées ? Quels en ont été les thèmes majeurs ? La sécurité, la gestion et l’entretien, l’organisation fonctionnelle et opérationnelle, les moyens humains, matériels et financiers (budget régulièrement abondé) sont-ils spécifiés ? Pour un projet dont le coût prévisionnel devrait être de l’ordre de plusieurs millions de dollars ces questions sont fondamentales.

On voit bien que ce projet est traité superficiellement et rapporté comme s’il s’agissait d’une artère réalisée dans un environnement pacifique et accueillant, bref sans problèmes ! Nulle part n’apparaît la problématique de la sécurisation de cette transsaharienne qui exigera une véritable organisation militaire transnationale que seule l’Algérie paraît en situation de mettre en oeuvre. Les réponses pertinentes à cette problématique sont les conditions sine qua non pour la faisabilité d’une telle artère.

Enfin, quid de la Transsaharienne routière, ce projet d’autoroute Alger – Lagos (voir carte ci-dessus) qui est dans les cartons du NEPAD depuis bien longtemps ? Voilà une plateforme idéale pour la pose d’une artère FO transsaharienne car accessible facilement et offrant les externalités les plus intéressantes pour sa réalisation (grâce à l’application de la méthodologie SIR) ! Un projet empruntant cet axe routier avait été développé par l’Union africaine (UA) ; il dort probablement sur une autre étagère au siège de l’UA (voir photo en tête de l’information) … En attendant on sort la transsaharienne FO Alger-Niger. Pour justifier une réunion de ministres ? Se rappellent-ils seulement que le Programme pour le développement des infrastructures en Afrique (acronyme PIDA), lancé en 2010 par l’UA présidée alors par Jean Ping, avait conçu très intelligemment le principe des Corridors multimodaux associant -selon les cas- route, voie ferrée, télécommunications, électricité et énergie sur un axe de communications vital pour l’Afrique dans un seul espace linéaire. Mieux, ces « sages » africains avaient donné la priorité à ces couloirs !

La raison et le réalisme –mais aussi l’économie au sens large- plaident en faveur de l’option selon laquelle la partie de l’artère Alger–Niger-Tchad desservant ces deux derniers soit une dérivation opérée sur l’axe/Couloir multimodal Alger-Lagos. Il faut donc étudier le site optimum de ce couloir le long de sa traversée du Niger (p.ex. Agadez) pour desservir en dérivation la capitale Niamey et le Tchad (NDjaména).

Mais dans tous les cas, ce projet doit comporter deux volets, complètement différents mais fortement corrélés : le volet technique avec son tracé et sa gestion, et le volet sécuritaire avec l’implantation et l’organisation d’intervention des forces armées et de sécurité des pays concernés. Seule cette approche, bidimensionnelle et simultanée, pourra conférer la viabilité indispensable au Corridor multimodal Alger-Lagos avec ses dérivations pour la desserte du Niger et du Tchad.

Kenya : Accès à l’électricité ou accès à l’Internet ?

1 – L’information

Source : TeleGeography

Kenya Power to offer FTTH connections by year-end

4 Aug 2016 – TeleGeography

State-owned utility firm Kenya Power expects to start rolling out fibre-to-the-home (FTTH) connections in partnership with telecoms operator Safaricom in December this year, the company’s Managing Director Ben Chumo told Citizen Digital. An ISP subsidiary, known as Kenya Power International, has been established to operate the FTTH business, providing the utility firm with an alternative revenue stream. ‘We have close to five million homes connected to the grid and we want to take advantage of the grid to deliver the fibre to homes,’ Chumo said, adding that the internet service will be more affordable than rival offerings because Kenya Power will not have to dig trenches to lay the fibre-optic cables.

As previously reported by TeleGeography’s CommsUpdate, Kenya Power signed a memorandum of understanding (MoU) with Safaricom in April 2016 for the launch of a twelve-month fibre-optic pilot project that will initially see around 12,000 Nairobi households connected to the internet. Under the partnership, Safaricom agreed to lease Kenya Power’s fibre infrastructure, which stretches 4,000km in total, to provide homes with last-mile broadband connections.

 

2 – Mon commentaire :

Il est toujours difficile de trouver rationnelle l’ouverture d’un nouveau créneau –et d’une technologie de toute autre nature- dans une entreprise qui ne brille pas (c’est un doux euphémisme !) dans le domaine et les fonctions qui lui ont été assignées, à savoir le réseau de transport et de distribution d’électricité et le service public de fourniture d’électricité au pays. Et cela tout simplement pour « profiter d’une nouvelle source de revenus » ! Au mieux peut-on lui souhaiter un plus grand succès dans les TIC et l’Internet que dans ses attributions historiques !

Mais l’article est aussi ambigu sur le partage des rôles entre Kenya Power et Safaricom, s’agissant de la fourniture d’accès à l’Internet via la technologie FTTH. Il est écrit que « Safaricom a accepté de louer l’infrastructure fibre de Kenya Power dont la longueur atteint 4 000 km ». C’est le monde à l’envers ou le rédacteur qui déraille, car les bâtiments et logements ne sont pas alimentés en électricité par la fibre ! A contrario, la fibre en technologie FTTH va jusqu’à l’abonné et de ce fait elle est du ressort de l’opérateur télécoms, donc de Safaricom ! J’ai donc cherché dans ma Base de Données Réseau  … et trouvé un article de TeleGeography du 7 avril dernier intitulé « Safaricom, Kenya Power team up for FTTH pilot ». On y apprend que les deux sociétés ont chacune un réseau d’accès FO, celui de Safaricom a une longueur totale de 3 200 km et dessert 7 000 foyers, et celui de Kenya Power est long de 4 000 km et dessert 12 000 foyers. Ce qui suppose que l’électricien a investi dans les plates-bandes des opérateurs de télécoms … Alors que seulement 20% des Kényans avaient accès à l’électricité en 2012 (des statistiques plus récentes sont rares et peu fiables), l’opérateur public investit dans un secteur, les TIC/télécoms, déjà largement concurrentiel au Kenya avec 4 réseaux nationaux de fibres optiques qui se disputent le terrain et les clients.

Qu’à cela ne tienne : le PDG de Kenya Power vise un revenu de 10 M$ en 2017 (pour 2,5 M$ en 2015) tiré de la location de fibres à des opérateurs de réseau. Mais les clients qu’il cite louent des fibres sur le réseau de transport HT national et non dans les réseaux d’accès !

On reste donc encore dans le paradoxe … tout en frisant le scandale. Car le dévoiement de l’opérateur d’électricité public à un coût, que son PDG se garde bien de mentionner. Probablement les journalistes auxquels il s’est adressé ont « oublié » de lui poser des questions qui fâchent.