Objets connectés et « développement durable » – Colloque ou Palabre de l’UNESCO?

Présentation du document

La Chaire UNESCO de l’Université de Bordeaux a organisé un Colloque intitulé « Objets connectés – Perspectives pour un développement intelligent » en mars 2017.
Nous examinerons et analyserons le contenu du document d’appel à contributions pour discerner l’adéquation de sa thématique par rapport à la problématique complexe du développement, et la pertinence de ses données au regard des perspectives d’un « développement intelligent ».
Nous conclurons en mettant fortement en doute l’apport d’un colloque basé sur des informations et orientations, aussi discutables et contestables, présentées par le document préparatoire.

Mes corrections et remarques sont insérées en bleu dans le texte du document et mes conclusions terminent cet article. Elles ont juste un an et elles avaient été envoyées à des membres du comité scientifique à cette date. Aucun n’a voulu y répondre. C’est la raison qui m’incite à publier ce document qu’ils ont « endossé ». Le lecteur appréciera.

 

 Colloque

Objets connectés

Perspectives pour un développement intelligent

 

Bordeaux, 16-17 mars 2017

 

Mes remarques et ajouts sont en bleu.

La première concerne le « développement intelligent » dans l’intitulé du titre du colloque, dont l’objectif est d’identifier les « perspectives » dans l’application des « Objets connectés ». Cette expression est ambivalente. Elle peut, en effet, simplement qualifier une démarche en vue d’un objectif –le développement- plus rationnelle et plus holistique, ou alors signifier la focalisation sur le concept, devenu un truisme, de la novlangue : le « développement intelligent » à l’instar de la « ville intelligente » (Smart City), du « réseau intelligent » (Smart Grid) ou de la « voiture intelligente » (Smart Car).

Le doute créé par cette ambivalence devrait être levé –ou au moins précisé-  dans l’appel à communication afin de clarifier le sens de l’approche retenue pour le colloque et guider les contributeurs.  

Ce colloque s’inscrit dans la lignée des recherches de la Chaire Unesco Pratiques émergentes des technologies et com­munication pour le développement. Il se fixe pour objectif d’encourager les débats critiques et transdisciplinaires sur les implications épistémologiques des objets connectés en lien avec le processus de développement. Les objets dont il est question sont doués d’une capacité de communication, le principe de connexion étant l’élément fondateur de la notion. Ils vont des étiquettes électroniques (dites TAG) placées sur des objets ou sous la peau aux satellites, en passant par les smartphones, montres, lunettes, bracelets de tout genre, vêtements, appareils électroménagers, caméras… L’on convient que le questionnement dépasse le cadre des enjeux pour en analyser les acteurs, le marché, mais surtout les pratiques associées au processus de développement. Il ne s’agit pas d’un phénomène marginal. L’Organisation des Nations unies
NON : c’est une agence du système des Nations unies qu’il convient de préciser ici. Ce pourrait être, par exemple, l’UIT ou l’UNESCO, ou/et l’UNCTAD via sa Commission des sciences et des technologies pour le développement (CSTD).  
évalue entre 30 et 212 milliards d’objets connectés d’ici 2020.
Cette « fourchette » est irréaliste (elle va du simple au septuple !) ; Gartner Group l’évalue à 20 milliards et l’IDATE l’estime à 50 à 80 milliards.
Général Electric estime qu’en 2025 le marché des objets connectés atteindra 82 trilliards de dollars soit la moitié du PIB mondial
Selon ce chiffre, le PIB mondial en 2025 serait donc d’environ 164 trilliards soit 164×10 puissance 21 dollars. Or la Banque mondiale estime le PIB mondial pour 2015 à 73 434 milliards $, soit en notation scientifique 73 x10 puissance 12 dollars. Le chiffre cité est donc tout simplement une erreur abyssale (du facteur d’un milliard) ! Un déni de rigueur scientifique. En outre, affirmer que ce marché particulier représenterait la moitié du PIB mondial relève de l’aberration.
Si pour l’instant ce déploiement s’observe dans les pays développés, Cisco estime le marché des objets connectés en Afrique à environ 500 milliards de dollars d’ici à 2025.
Cisco affabule et le rédacteur copie. Selon Louis Harris Interactive et reprise par le CNRS, l’estimation en valeur au niveau mondial pour 2020 de Cisco est plus du double de celle d’IDC et sept fois celle de Gartner…. Il y a donc pour le moins un doute sévère sur l’estimation Cisco !
Sur le plan scientifique, l’émergence de l’Internet des objets pose donc de nouvelles questions à la fois sur leur apport au développement culturel, économique que ( ???) social. Ils ( ???) réinitialisent le débat sur la réception (de Certeau 1980),
Que signifie « réception » ?
la représentation (Moscovici (1961),
Bis : que signifie « représentation » ?
les industries culturelles (Miège 2000), la fracture numérique (Kiyin­dou 2009). Plusieurs axes peuvent être abordés : Pratiques et systèmes connectés, Le Big data, les communautés de données…

 

Axe 1 Pratiques et systèmes connectés

Les pratiques et systèmes connectés peuvent être examinés à partir de trois entrées : pratiques et systèmes de col­lecte de données, pratiques et systèmes de transport de données, pratiques et systèmes d’analyse des données.
Il serait intéressant de commencer par identifier et quantifier les données que génèrent les objets et les systèmes connectés, car elles conditionneront les normes de connexion et d’échanges et donc des réseaux eux-mêmes.
Elles nous incitent à aborder la question en termes de terminaux adaptés aux environnements des utilisateurs (taille de­sign…), d’accessibilité matérielle et financière, mais aussi en termes de best practicies,
En anglais sans faute d’orthographe d’abord,, en italique comme le veulent les conventions, ou -de préférence- en français.
de systèmes utilisés, de com­plexité du partage des données due aux multiples standards à gérer (GSM, UMTS, Bleutooth,
Correction : Bluetooth. En outre, ces normes (« standards » est un anglicisme) sont génériques des communications radioélectriques mobiles ou fixes et non des « objets connectés » comme on le verra plus loin.
etc.), de pratiques et systèmes d’analyse des données. Autrement dit l’ingénierie mise en place, mais aussi la nature des données traitées. En gros, il s’agit d’examiner les capacités à transmettre des données, à les traiter et à les partager. Ces questionne­ments touchent différents domaines : la santé, l’éducation, l’économie, la culture, l’environnement, etc. L’on sait par exemple que Google travaille sur la mise au point d’un bracelet qui serait capable de détecter le développement des cellules cancéreuses,
Cette citation est incongrue ici, mais révélatrice de l’approche techno-déterministe adoptée par le rédacteur de ce document.
qu’avec des microprocesseurs connectés il est possible de surveiller le rythme cardiaque de patients afin de détecter des problèmes d’hypertension, que les drones sont utilisés pour repérer les foyers de bra­conniers… Cependant, il existe des obstacles sérieux à une intégration optimale des objets connectés notamment dans les pays en développement, la majorité de ces pays n’ayant pas encore atteint une couverture réseau suffisante.
La couverture des territoires n’est pas l’obstacle majeur, car elle est assurée dans les zones urbanisées et d’activités économiques via les technologies mobiles avec accès à l’Internet (3G au minimum). Plus récemment et en partie -environ un cinquième des populations desservies en Afrique sub-saharienne à mi-2016- cette couverture permet l’accès à haut débit (technologies 4G et LTE). La couverture quasi exclusive en technologies mobiles des réseaux des PeD pose cependant des questions importantes quant à la stabilité de ces réseaux (disponibilité aléatoire des réseaux et QS médiocre), leur sécurité (sensibilité aux « brouillages » et leur porosité (attaques et intrusions, risques quant à la protection des données, etc), qui doivent impérativement être prises en considération. Pour rappel : l’Afrique détient le triste record mondial de l’indisponibilité des réseaux (durée de non-fonctionnement) et de la médiocrité de leur QS.
On peut noter aussi une production de données tirée par l’offre et basée sur un financement externe qui n’est pas toujours aligné (rectification : alignée) sur les priorités nationales, un manque d’information qui soit accessible, utilisable et ouverte à toutes les communautés, une inadéquation entre les données disponibles et les problèmes réels, un manque d’har­monisation des données collectées par diverses sources sous différents formats…
Pour les chercheurs en sciences humaines et sociales, de même que pour les acteurs économiques, plusieurs ques­tions se posent. Quels besoins en termes de compétences et des ressources humaines ?
Et quelles sont les capacités des PeD, et plus particulièrement de l’Afrique, pour les créer ? Cela devrait intéresser/concerner tout particulièrement l’UNESCO.
Quelle est, en outre, l’incidence du déploiement des « objets connectés » sur l’employabilité, problématique particulièrement prégnante en Afrique sub-saharienne vu son évolution démographique ?
Comment articuler de ma­nière partagée, durable, et à moindre coût des réseaux et des applications iversifiés ? Comment adapter des objets aussi complexes à des environnements particuliers ? Quelles politiques publiques d’accompagnement ?
Le problème fondamental en termes de développement n’est-il pas la connaissance des besoins des pays et de leurs acteurs concernés, de même que l’environnement politique, administratif, technologique, économique et social ?
Le problème connexe est l’adéquation des « objets connectés » par rapport à l’acheminement de leur trafic, c’est-à-dire la fiabilité des échanges de données que génèrent ces « objets » à travers les réseaux de transport et d’accès, particulièrement instables comme on l’a vu. 
C’est en fonction des résultats de l’analyse de ces problèmes que l’on pourra extrapoler les mesures à recommander selon les priorités définies.
Le cadre réglementaire, dont on peut déplorer l’absence dans ce document préparatoire, devrait être un élément important dans la thématique de ce colloque. Une place en rapport lui devrait être dédiée, de préférence dans cet axe n°1.
Un autre oubli de ce document est la normalisation notamment pour ce qui concerne l’échange des données, générées et interprétées par les objets connectés, et les réseaux supports de leurs flux. Actuellement trois normes sont définies qui se concurrencent (Sigfox, LoRa et NB-IoT) ; elles ont chacune leurs avantages et inconvénients qui doivent être considérées quant à leur adéquation dans le cadre des PeD.

 

Axe 2 Le big data en question

Le Big Data
Pourquoi ne pas utiliser la terminologie française : données de masse  ou mégadonnées ?
désigne un ensemble très volumineux de données (nous créons environ 2,5 trillions d’octets de don­nées tous les jours).
Cette dénomination des grands nombres est ambiguë (différence entre anglo-saxon et français) et doit être évitée. D’autant plus que l’informatique a ses propres unités de mesure ! Ainsi le volume de données s’exprime sur la base de l’octet depuis le kilooctet (10 puissance 3 octets) jusqu’au Yotaoctet (10 puissance 24), en passant par le Teraoctet (10 puissance 12 octets) etc. Selon ZDNet –un site sérieux-  le volume moyen quotidien en novembre 2015 était de 2 000 Petaoctets (Po) ou 2 Zetaoctets (Zo) soit 2×10 puissance 15 octets, soit mille fois moins que le nombre cité par le rédacteur du document, décidément très fâché avec ses chiffres. Ce volume croissant fortement, il faut obligatoirement dater son estimation … et renseigner la source.
Ces informations proviennent de partout : web, géolocalisation, caméras de surveillance, titres de transport, informations climatiques, signaux GPS, enregistrements transactionnels d’achats en ligne et bien d’autres encore (Armand Mattelart, André Vitalis 2014). Au-delà de ces quantités énormes, le Big data (en italique, svp) mobilise différents acteurs (les informaticiens, les gestionnaires, responsables d’entreprises, décideurs politiques, chercheurs, acteurs de la santé, de l’éducation…) qu’il convient d’approcher via une analyse transdisciplinaire.
Il faut surtout segmenter l’analyse en fonction des applications, car les données de masse (big data) évoquées ici sont un agrégat des données échangées via ces applications ! Le document manque de les préciser tout particulièrement dans le contexte et dans la perspective du développement.
Mais si l’arrivée des objets connectés représente une formidable occasion d’augmenter l’efficience générale,
Cette affirmation, au demeurant indéfinie, reste à démontrer et sa formulation est contradictoire à une approche critique. En attendant, cette arrivée représente, surtout et d’abord, « une énorme occasion d’augmenter » le coût de mise à niveau et de l’exploitation-gestion des réseaux visant en particulier leur fiabilisation et leur sécurisation !
leur introduction dans le quotidien est de nature à créer de nouveaux risques pour les systèmes d’informations. En lien avec la gestion des données, on peut noter le développement d’une nouvelle forme de gestion de l’infor­matique, le Cloud computing (« informatique en nuage »),
Le cloud computing ou informatique en nuage est d’abord un réseau d’échange des données, régi par des normes, qui regroupe un ensemble de sites avec des serveurs, du stockage de données et d’applications, en un réseau virtuel particulier géré par un gestionnaire propre.
Il assure un accès à la demande à des ressources informatiques partagées, installées dans ces sites, à l’ensemble de ses souscripteurs (condensé de la définition donnée par le National Institute of Standards and Technology, NIST, du gouvernement fédéral américain).
avec des avantages certes, mais aussi des risques liés notamment à la confidentialité des données, la disponibilité des données et traitements, l’intégrité. De nombreux outils participent de cette insé­curité au rang desquels on trouve Shodan (moteur de recherche spécialisé dans le référencement des objets connectés), les drones qui peuvent être utilisés à des fins criminelles… Mais le développement de ces technologies pose également la question de l’homme augmenté (Claverie 2010) avec les considérations éthiques suscitées par le transhumanisme ou de façon plus générale, le dévelop­pement technique (Ellul 1990).
Il y a une grande confusion entre diverses thématiques fondamentales : données de masse, Internet des objets, protection des données privées, sécurité, réalité augmentée, transhumanisme, etc. Chacune d’elles présente une problématique propre même si elle peut interférer  avec une ou plusieurs autres thématiques.
Quelques interrogations peuvent orienter les propositions de cet axe. Quels enjeux économiques, quelles valeurs et quel projet politique se cachent derrière ces objets (Cardon, 2015)? Comment limiter le caractère intrusif et favoriser le respect des libertés individuelles et publiques ? Comment la présence à distance
 ??? L’ubiquité ou la télé-action ?
facilitée par les objets connectés agit-elle sur les formes attentionnelles et modifie-t-elle notre perception de l’espace et du temps ( Jean-Louis Weissberg) ?

Axe 3 Acteurs et marchés

Les données sont au centre d’intérêts multiples qui interagissent dans un marché mondial
Truisme …
de plusieurs milliards.
Des « milliards » de quoi ?
Les institutions publiques et les entreprises privées exploitent ces données pour trouver de nouvelles façons de créer.
Angélisme …
La révolution des objets a vu apparaître une nouvelle génération de makers,
En français, svp. Des créateurs ou des artisans.
ces “bricoleurs artisans”, qui se définissent avant tout comme des ingénieurs, des inventeurs, des constructeurs. On assiste, en effet, à un processus d’implication d’une communauté de pratiques (Wenger 2005), ainsi que de sources de données, d’outils et des technologies innovantes, visant à produire des données désagrégées permettant la prise de décision, la fourniture de services, l’engagement des citoyens et l’information. Elle se soude autour de l’amour du faire,
Une vision quasi angélique ! On est bien … dans un « nuage » !
du concret… Ces amateurs impressionnent les industriels par leur habileté à réinjecter du ludique et de l’esthétisme dans leurs productions. Ils portent des valeurs de partage, de transparence, de curiosité et d’esprit critique. Certains d’entre eux se sont réunis autour des fablabs. C’est l’ère du « do it yourself ».
En italique svp, et de préférence en français !
Ces amateurs ne se contentent plus des objets connectés standardisés qui, dans certains cas, ne leur sont pas accessibles. Ils inventent des solutions individualisées. Au-delà de l’effet de mode, il s’agit d’une véritable remise en question des pratiques industrielles. En effet, les “objets communautés” suscitent autour d’eux un groupe d’individus qui s’évertuent à les faire vivre et évoluer. Comment alors, et par quels leviers, accélérer ce mouvement et concrétiser le potentiel économique estimé ? Sur quels leviers s’appuyer pour développer ce marché émergent ? Dans quelle mesure ces outils suscitent-ils l’engagement ?
Il faudrait d’abord poser la question de fond : dans quel environnement économique et social se trouve-t-on, et vers lequel veut-on converger ? Ces questions sont essentielles si on vise (comme mentionné) un environnement communautaire. Quel est alors « le marché » concerné, et quel est son importance économique ? 

 

Comité scientifique

27 membres !

Agbobli Christian, UQAM

Noble Akam, Université Bordeaux Montaigne

Laurence Allard, Université Paris 3

Rocio Amador-Bautista, UNAM

Abderrahmane Amsidder Université Ibn Zohr, Agadir

Kouméalo Anate, Université de Lomé

Gislaine Azémar, Université Paris 8

Isabel Babo, Université Lusophone de Porto

Serge Théophile Balima, Université de Ouagadougou

Francis Barbey, UCAO

Katia Bélissario, Université de Brazilia

Bertrand Cabedoche, Université de Grenoble 3

Alain Capo Chichi, CERCO

Kemly Camacho, Université de Costa Rica

Bernard Claverie, Université de Bordeaux

Etienne Damome, Université Bordeaux Montaigne

Jean-Chrétien Ekambo, IFASIC, Kinshasa

Tourya Guaaybess, Université de Loraine

Alain Kiyindou, Université Bordeaux Montaigne

Annie Lenoble-Bart, Université Bordeaux Montaigne

Claude Lishou, Institut polytechnique de Dakar

Vincent Liquète, Université de Bordeaux

Théodora Miéré, Université de Saint Quentin en Yvelines

Françoise Paquien-Seguy Université de Lyon

Daniel Raichvarg, Université de Bourgogne

Carmen Rodriguez-Wanguemert, Université de la Laguna

Philippe Viallon, Université de Strasbourg

 

Conclusion finale de mon analyse –point par point- du contenu de ce document d’appel à communication

de la Chaire UNESCO de l’Université de Bordeaux III

La thématique du colloque souffre d’une ambiguïté quant à la définition du « développement intelligent » dans son intitulé. Ce concept devrait être précisé pour permettre la clarté dans les réflexions et les propositions du colloque.

Ce document d’appel à communication adopte une approche plus technocentrée que critique dans une démarche qui se veut scientifique. Il met en scène l’interaction de trois domaines d’évolution importante et relativement récente de l’Internet : l’Internet des objets (Internet of Things, IoT), l’Informatique en nuage (Cloud Computing) et les mégadonnées (Big Data). Cependant une relative confusion de, et entre ces domaines, et des certitudes affirmées alors que chacun d’eux pose encore un grand nombre de questions et de problèmes aux spécialistes reconnus de « l’infocom », brouillent le cadre de la thématique du colloque et ne mettent pas en évidence les relations entre les trois domaines et le « développement intelligent », objectif affiché du colloque.

Pour permettre un débat véritablement épistémologique sur ces domaines aussi nouveaux que mouvants, et pour en tirer les enseignements les plus appropriés quant à leurs contribution au développement,  l’Axe 1 devrait d’abord s’efforcer de définir les principes conceptuels, les problématiques qu’ils soulèvent, et les  perspectives pour chacun des domaines. Les problématiques et les perspectives devraient prendre en compte les fragilités des réseaux d’échanges des données dans les PeD et tout particulièrement en Afrique.  

Sur les bases ainsi définies, pourront ensuite être identifiées les relations entre ces domaines et le développement grâce à une approche pluridisciplinaire et multi-dimensionnelle, et dérivées des contributions bénéfiques à celui-ci. Cette approche devrait aussi identifier les risques inhérents présentés dans un tel contexte. Ce débat pourrait faire l’objet de l’Axe 2, épuré de ses erreurs et approximations. 

 

Remarque conclusives générales :

Chiffrages peu crédibles voire erreurs grossières, approches plus anecdotiques que rationnelles, angélisme, truismes, confusion des thématiques et approximations nuisent à la qualité et à la crédibilité de ce document d’appel à communication. L’oubli des domaines de réglementation et de normalisation, tout comme des problématiques spécifiques des PeD (exemple : accès à l’électricité, fragilité des réseaux de communications, coûts des services, personnel qualifié et compétent), constitue une lacune importante, voire essentielle, dans la démarche de ce colloque qui se fixe comme objectif de débattre « sur les implications épistémologiques des objets connectés en lien avec le processus de développement ».

Ainsi, dans son zèle à promouvoir l’informatique en nuage, le document occulte complètement les réalités « numériques » des PeD, sous-jacentes à sa mise en œuvre, à savoir que la grande majorité de leur trafic Internet est « traité » hors frontières de ces pays. S’agissant de l’Afrique près de 90% de son trafic Internet est traité hors continent, dont la partie majeure sur la côte Est des Etats-Unis et en Europe. Or, pour d’évidentes raisons (sécurité, latence, protection de données « sensibles », contrôle)  les pays industrialisés préconisent tous un « nuage souverain », c’est-à-dire une « informatique en nuage » dont le réseau d’échanges est strictement limité au sol national.

Plus généralement, nulle part on ne décèle les liens entre les thématiques abordées superficiellement et les problématiques propres aux pays en développement ! L’argumentaire et les hypothèses des trois axes d’approche choisis sont basés sur le constat, admis par le rédacteur, de la situation et de l’environnement propres au monde industrialisé. Encore ne fait-il pas état de l’échec patent observé actuellement dans ce monde dans le domaine des objets connectés (exemple probant : la montre-bracelet d’Apple, la voiture « autonome » de Tesla).

Aucune analyse préalable de la situation sur le terrain, des besoins et de l’environnement prévalant dans les PeD –et tout particulièrement sur le vaste continent africain- n’est esquissée pour justifier le choix de l’objectif affiché de ce colloque, alors que les problématiques du développement y sont prégnantes dans tous les domaines. Pour nous limiter au seul domaine des TIC/télécoms, qui conditionne sine qua non tous les thèmes et usages mentionnés dans la présentation du colloque, tout observateur compétent en la matière déplore la grande instabilité et la fiabilité aléatoire des réseaux de transport et d’accès, et leur qualité de service (QS) médiocre tout en présentant les tarifs les plus élevés. Ainsi, l’Afrique détient-elle le record mondial tant de l’instabilité (coupures fréquentes et longues) que de la mauvaise QS de ces réseaux. Cette problématique essentielle est tout simplement ignorée dans ce document.

Une autre lacune grave de ce document est la problématique fondamentale de l’accès à l’électricité des institutions, entreprises et populations dans les pays en développement, et tout particulièrement dans le vaste continent africain où seulement un cinquième de la population bénéficie de cet accès …. lorsque la production et les réseaux d’électricité fonctionnent. Car il en est des réseaux électriques comme des réseaux télécom ! Or –faut-il le rappeler ici ?- l’électricité stable et fiable est un prérequis pour tout déploiement de TIC et tout particulièrement pour les « objets connectés » et les applications informatiques dispersées dans « le nuage » -c’est la base même du cloud computing- préconisé par le colloque !

Cette relation de dépendance entre l’Internet et l’électricité s’exprime aussi en termes de consommation d’énergie, comme l’ont montré les travaux menés à l’Université de Lancaster (RU), rapportés par le mensuel professionnel Fiber Systems Magazine sous le titre « Limit Internet expansion to save energy, say scientists ». Ils soulignent en particulier que « l’IoT a le potentiel de susciter des augmentations sans précédent et –par principe- quasi illimitées, de la consommation d’énergie par les technologies intelligentes ». Et ajoutent que « cette consommation croissante pose un problème significatif dans les efforts mondiaux pour réduire les émissions de carbone ». D’autres travaux universitaires convergent avec cette approche (cf « 2nd Workshop on Computing within Limits (LIMITS)’ 16 » en Californie) qui concluent à la nécessité de limiter, via des quotas de volume et la tarification, cette croissance « incontrôlable ».  

L’appel à communication –et tout particulièrement l’axe 2 du colloque- ignore complètement cette double problématique de la relation directe entre les TIC et l’énergie, particulièrement prégnante dans les PeD. Il perd de ce fait un pan important de son champ d’analyse et, par conséquent, de la valeur et de la pertinence de sa contribution à la thématique qu’il affiche.

Enfin, aucune perspective n’est tracée ni aucune finalité n’est proposée pour orienter les débats dans des domaines identifiés, susceptibles de tirer un bénéfice avéré des « objets connectés » dans un contexte de développement.

Dans ces conditions on peut s’interroger sur l’apport réel de ce colloque  aux « débats critiques et transdisciplinaires sur les implications épistémologiques des objets connectés en lien avec le processus de développement ». A fortiori dans le cadre d’une Chaire de l’UNESCO dédiée aux « Pratiques émergentes en technologie et communication pour le développement ».

Suffirait-il alors de copier cette approche lacunaire du colloque, largement inspirée par la situation et le contexte des pays industrialisés, pour la coller aux PeD -dont en particulier ceux du continent africain- comme le laisse entendre implicitement cette présentation ?

En l’occurrence, et pour éviter une éventualité aussi irréaliste en égard de la thématique du colloque, ne devrait-on pas se poser des questions quant à sa préparation et au rôle de son comité scientifique, pourtant pléthorique mais qui, pour autant, n’a pas décelé les nombreuses erreurs et lacunes ? N’aurait-il pas mieux valu réunir un comité de lecture, réduit mais réellement compétent, préalablement au lancement de l’appel à communication, ne serait-ce que pour corriger les erreurs les plus grossières et combler les lacunes les plus importantes ? Ou, mieux encore, en débattre sérieusement au préalable, avec des spécialistes reconnus et avérés au sein de la Chaire UNESCO ?

Au vu de cet appel à communication la prétention du colloque de s’inscrire, valablement et effectivement, dans les « Perspectives pour un développement intelligent » reste par conséquent encore largement à démontrer.

 

A Strasbourg, le 21 septembre 2016

Jean-Louis Fullsack

Membre associé fondateur de la Chaire Unesco de l’Université de Strasbourg (2007-2016)
Expert principal près l’Union internationale des télécommunications
Directeur adjoint honoraire de France Télécom
Président de l’ONG CESIR

Posté le 19 septembre 2017 sur mon blog

 

 

 

 

 

 

Niger : Souhaits de succès et longue vie à Niger Télécom – Suite

A la suite de l’article précédent, j’ai trouvé l’information ci-dessous, publiée par l’Agence Ecofin, qui me paraît le compléter parfaitement et qui m’a incité à rechercher dans ma Base de Données « Evolution des réseaux en Afrique » des informations utiles au lecteur pour contextualiser la naissance … et les premiers pas de Niger Télécom. 

 

Source : Agence Ecofin

Niger Telecom est le nouvel opérateur public nigérien, né de la fusion entre Sonitel et SahelCom

-   lundi, 03 octobre 2016

(Agence Ecofin) – Au terme du conseil des ministres du 28 septembre 2016, le gouvernement du Niger a annoncé le lancement prochain d’une nouvelle société nationale des télécommunications. Dénommé Niger Telecom, le nouvel opérateur est le fruit de la fusion réussie entre l’opérateur historique, la  Société nigérienne des télécommunications (Sonitel), et sa branche mobile, la Société sahélienne de communication (SahelCom), tous deux moribonds depuis 2005. La fusion de ces deux entités, engagée depuis 2015, a finalement été officialisée, le 26 septembre 2016.

Selon Yahouza Sadissou,  le ministre des télécommunications, Niger Telecom sera doté d’un capital initial de 23,5 milliards Fcfa. Sa création découle d’un besoin de redynamisation du secteur national des télécommunications. Le gouvernement a opté pour la fusion des deux opérateurs nationaux, dans un souci de mutualisation des ressources techniques, financières et sociales, indispensables pour garantir une gestion optimale et rationnelle. Le ministre des télécoms a ajouté que Niger Telecom mettra, à la disposition des populations, une offre globale de services innovants sur les réseaux de téléphonies fixe et mobile.

Abdou Mani, l’ex-ministre nigérien des télécommunications, avait confié que la nouvelle société, née de la fusion entre Sonitel et SahelCom, devrait également achever le déploiement de la fibre optique, à travers le pays. En juillet 2012, Sonitel avait en effet signé une convention avec la société égyptienne Elsewedy Electric pour la réalisation d’un projet de près de 700 km de fibre optique sur des tronçons partant de Birni N’Konni vers Maradi-Zinder, Tahoua et la frontière du Nigeria. Cette infrastructure viendra compléter le réseau de fibre optique existant entre Niamey, la frontière du Burkina Faso, et la frontière du Bénin. De quoi lui donner un avantage sur ses concurrents mobiles que sont Airtel, Orange et Moov.

Sonitel et SahelCom qui se muent en Niger Telecom, ont vu le jour à la fin des années 90. Elles seront privatisées en 2001, par l’Etat, suite à des difficultés financières. Le consortium sino-libyen Dataport en devient alors l’actionnaire principal, avec 51% des parts. En 2004, la libéralisation du marché télécoms va briser leur monopole, leur occasionnant de nouveaux problèmes financiers.

Sonitel et SahelCom ont perdu beaucoup d’abonnés. Leurs revenus sont également en chute. Même l’investissement de 85 milliards Fcfa (146 millions de dollars), consenti par le gouvernement en 2012, pour améliorer les offres et la qualité du service, ne changera rien à la situation des deux entreprises. La même année, l’Etat décide finalement de renationaliser les deux entités, le temps de repenser leur activité. La fusion apparaîtra plus tard comme la solution la plus appropriée.

Muriel Edjo

Mon commentaire

Je renvoie le lecteur, éventuellement intéressé à approfondir son information, aux articles de ma Base de Données « Evolution des réseaux africains » ci-dessous. Il pourra les trouver sur Internet en entrant leur titre dans le moteur de recherche. Quant à mes commentaires de chacun d’eux, je les enverrai à la demande, soit via l’espace réservé au commentaire, soit via courriel à mon adresse (jlfullsack@orange.fr). Ils se situent dans la période entre juillet et décembre 2012  et janvier 2013, ainsi que plus récemment. Le thème traité est entre parenthèses :

- 2 juillet 2012 : Cable firm inks fiber deal with Sonitel (“optical fiber and power transmission projects”, 350 M$)

- 29 septembre 2012 : Niger: la bataille de la fibre optique s’annonce ardue entre Etat et opérateurs privés (Orange et Airtel construisent en catimini leur infrastructure FO en parallèle avec celle de la Sonitel)

- 3 octobre 2012 : Sonitel union seeks end to duplicate fiber roll-outs (opposition syndicale aux câbles FO concurrençant ceux de la Sonitel)

- 15 janvier 2013 : Niger : Du rififi autour de l’installation de la fibre optique (Déclaration de la Convergence syndicale du secteur des télécoms de la Sonitel au Président de la République : obligation au partage des infrastructures de la Sonitel, mise en demeure pour Airtel et Orange)

- 22 décembre 2015 : Le réseau de fibre optique du Niger, long de 2227 km, sera achevé d’ici fin 2016 (titre ambigu ; contrat de 100 millions de dollars financé par EximBank China)

- 2 septembre 2016 : Cable compendium : a guide to the week’s submarine and  terrestrial developments (Trans-Sahara Backbone, parcours au Niger d’Assamaka à Tinkim soit 1007 km) 

 

S’agissant de l’investissement de 146 millions de dollars consenti par le gouvernement et cité dans la conclusion de l’article de l’Agence Ecofin, il aura servi en grande partie à réaliser les artères FO mentionnées. Il reste le problème du montant anormalement élevé de cette réalisation, qui appelle de sérieuses réserves quant à son coût, et devrait enclencher un processus en vue de sa révision. En outre il y a lieu de recommander fortement une plus grande rigueur dans l’étude, la mise en œuvre, le développement et l’extension du réseau de la Sonitel. A cette fin, la recherche systématique de la synergie inter-réseaux SIR (notamment en associant les réalisations d’artères FO avec le déploiement d’infrastructures routières, électriques ou d’oléo/gazoducs) doit être érigée en règle. De même il y a lieu de recourir systématiquement à un appel d’offres international étayé par un Cahier des charges pertinent et contraignant pour toute réalisation d’artères et d’équipement du réseau de la Sonitel. Ces deux dispositions appliquées avec rigueur permettront des économies substantielles des montants des investissements (CAPEX) et de garantir un bon fonctionnement et une qualité de services appropriée, donc de tenir dans des limites financièrement supportables les coûts d’exploitation (CAPEX). Des bases solides et durables pour donner à Niger Télécom toutes les chances pour s’imposer dans le secteur des TIC/télécommunications au Niger tout comme dans la Sous-région de la CEDEAO.  

   

Dans cette perspective, un véritable audit semble souhaitable (nécessaire ?) en commençant par l’inventaire du réseau FO existant tous opérateurs confondus. A partir des résultats enregistrés, on pourrait alors définir le tracé du réseau dorsal cible ; il sera à l’évidence supérieur aux 2275 km annoncés dans l’article du 22 décembre 2015.

En effet, si on tient compte des 1007 km de l’artère FO Alger –Lagos projetée (Trans-Sahara Backbone) qui traverse le Niger du Nord au Sud (voir mes infos citées plus haut) et sur lequel il faudrait prévoir au moins 12 fibres au titre du réseau dorsal de la Sonitel, il ne reste que 1220 km à ce réseau national FO. Or la seule artère nationale « Ouest-Est », entre la frontière avec le Burkina Faso et celle avec le Tchad, est nettement supérieure à cette longueur ! Notons en passant que ce décompte nous incite à admettre que les 2275km de câbles FO correspondent au montant de  près de 100 M$ prêtés par l’Exim Bank China  (cf. l’information du 22 décembre 2015), ce qui représente un coût moyen record absolu en Afrique de 44k$/km qui justifie amplement les réserves exprimées plus haut et par conséquent conforte les recommandations émises.  

 

La Sonitel aura besoin de mobiliser autour d’elle l’ensemble des acteurs politiques et économiques, mais aussi la société civile voire la solidarité internationale notamment via la Convergence syndicale, pour réaliser le réseau de télécoms qui permettra au Niger de se développer sur tous les plans et donnera à l’ensemble de sa population les moyens d’information et de communication dont elle a besoin. Sans oublier les radios et télés communautaires qui sont des acteurs incontournables, efficaces et généreux dans ces vastes espaces qui caractérisent le Niger. Ils doivent être les bénéficiaires privilégiés du déploiement du réseau de télécoms national.

 

Strasbourg, le 10 octobre 2016

 

Jean-Louis Fullsack

Niger : Souhaits de succès et longue vie à Niger Télécom

Source : Jeune Afrique

http://www.jeuneafrique.com/361715/economie/niger-gouvernement-annonce-lancement-de-niger-telecom/?utm_source=Newsletter_JA_Actu&utm_medium=Email&utm_campaign=Newsletter_JA_Actu_03_10_16

Le gouvernement nigérien annonce le lancement de Niger Telecom

30 septembre 2016  — Mis à jour le 30 septembre 2016

Par Julien Vallet

 

En grande difficulté financière, les deux compagnies nationales de téléphonie, Sonitel (fixe) et Sahelcom (mobile) vont être fusionnées pour donner naissance à une seule entité : Niger Telecom. Le Niger entend ainsi mutualiser les ressources et disposer d’un seul opérateur comme les autres pays de la région.

 Le Niger s’apprête à fusionner ses deux principales compagnies nationales de télécommunication, Sonitel et Sahelcom, rapporte l’agence Reuters. Les deux sociétés seront regroupées dans une seule entité baptisée Niger Telecom, dotée d’un capital de départ de 23,5 milliards de francs CFA (35 millions d’euros).

Si le gouvernement nigérien avait déjà approuvé cette mesure en octobre dernier, l’annonce officielle en a été faite ce 28 septembre par le ministre des Télécommunications, Yahouza Sadissou, au sortir du Conseil des ministres mercredi.

S’étendre en Afrique de l’Ouest

Le but de l’opération est tout à la fois, selon le ministre, de gagner des parts de marché dans le secteur en Afrique de l’Ouest, mutualiser les ressources techniques, rendre l’opérateur national plus attractif mais aussi de disposer d’un seul opérateur à l’instar des autres pays de la région.

En grande difficulté financière, la Société sahélienne des communications (Sahelcom, mobile et internet) et la Société nigérienne des télécommunications (Sonitel, fixe et internet) avaient été nationalisées en 2012. Cette dernière détient un quasi-monopole de fait sur la téléphone fixe avec 155 490 abonnés soit 99,77 % de parts de marché, fin 2014.

Par ailleurs, sept millions de Nigériens, sur 17 millions d’habitants, sont abonnés à un opérateur de téléphonie mobile. En 2015, Sahelcom détenait environ 347 000 abonnés, loin derrière le leader indien Bharti Airtel (3,5 millions d’abonnés et 58,62 % de parts de marché), le français Orange (1,67 million – 27,5 %) et Maroc Telecom (604 499 – 9,96 %).

Les deux opérateurs ont été dans le rouge de 2010 à 2015, avec un résultat net négatif d’environ -2,5 milliards de francs CFA chacun en 2013

Julien Vallet

 

Mon commentaire

Les données fournies par l’article, anciennes, nécessiteraient une actualisation pour être pertinentes. Signe probable de la faiblesse, voire des carences, des statistiques, un mal endémique en Afrique. On peut aussi regretter que l’ambition affichée par Niger Télécom soit d’abord « d’assurer des parts de marché dans l’Afrique de l’Ouest », ce qui semble a priori peu réaliste, puis de « rendre l’opérateur national plus attractif ». On n’est pas dans un concours de beauté mais dans l’univers impitoyable du néolibéralisme où le marché est roi et la concurrence la règle !

C’est avec plaisir que je souhaite longue vie, courage (la dette est un vrai défi !) et réussite à Niger Télécom, à ses cadres et à son personnel. Cependant je pense qu’il faut rappeler aux responsables nationaux davantage de réalisme, de proximité avec les besoins réels des acteurs administratifs, économiques et sociaux du Niger, sans oublier ceux de la population.  Enfin, Niger Télécom a besoin d’une  vision stratégique pour le déploiement de son réseau et pour son offre des services focalisés sur le développement durable du pays. Dans ce cadre, la priorité de l’opérateur devait être accordée au niveau national à sa consolidation, à l’organisation fonctionnelle et opérationnelle de son réseau, et à la réalisation d’un réseau national dorsal ainsi que de l’interconnexion de celui-ci avec le réseau sous-régional de la CEDEAO. En outre il devra assurer la fourniture des services aux utilisateurs, structures gouvernementales et territoriales, aux entreprises, aux organisations et à la population via des réseaux d’accès appropriés, contribuant ainsi au développement durable du pays. Ainsi conforté sur son territoire national et parallèlement à son interconnexion sous-régionale, Niger Télécom pourra trouver de nouvelles opportunités pour son développement hors des frontières, notamment dans le cadre de l’intégration sous-régionale.

Je me plais aussi à rappeler que CSDPTT avait été très active au Niger jusqu’en 2005 grâce aux relations étroites et solidaires avec nos collègues et amis de la Sonitel. La dernière mission avait comme objet l’étude de faisabilité d’un réseau de desserte rurale de la Région de Tillabery (effectuée en 2005, financée par le PNUD et le Ministère des Affaires extérieures du Luxembourg et effectuée par Christian Nguekeng). Le CESIR a pris la relève de CSDPTT dans le domaine de la conception et du déploiement des réseaux ; il est disponible pour contribuer, dans la mesure de ses moyens et en sincère solidarité, aux réflexions et aux orientations dans ce domaine de Niger Télécom.   

Le 4 octobre 2016

Jean-Louis Fullsack
Ancien président de CSDPTT, président du CESIR

 

 

 

 

Un peu d’histoire et un hommage

En cherchant une information laissée sur mon précédent portable je suis tombé sur un document oublié : mon discours de remerciements pour l’attribution de l’ « At d’Or » » en janvier 2007. De l’histoire ancienne ? Peut-être, mais à sa lecture ce document n’a pas pris une ride, et il m’a semblé intéressant de le rappeler. D’autant plus que le Sommet mondial de la société de l’information (SMSI), dont il y est question, s’est vu accorder une prolongation par l’Assemblée générale des Nations unies … et les problématiques soulevées sont toujours en instance, près de dix ans après !

Mais il y a aussi une raison plus profonde qui m’a incité à publier ce document, c’est celle de rendre hommage à deux personnalités très différentes, qui m’ont -chacun à sa manière- fortement aidé dans ma démarche, mon engagement et mes contributions notamment dans le cadre du SMSI et des institutions européennes, et auxquelles je me devais d’exprimer ma gratitude et de rendre un hommage mérité.

Merci aux lecteurs de partager ce vœu personnel.

Je vous propose donc dans l’ordre

  • l’information sur « Les vœux de l’Internet » organisé par un groupe d’ONG et de militants français du domaine de l’infocom,
  • mon discours de remerciements,  et
  • l’hommage posthume à Michel Rocard et à mon ami Francis Muguet.

 

Voeux de l’Internet Europe

Strasbourg – 16 janvier 2007

lundi 1er janvier 2007.

Denis MARION Président de TFT

 

Les Voeux Internet Europe 2007

Les Voeux Internet Europe 2007 se veulent une manifestation fraternelle, agile et communicante à l’image de l’Internet et qui s’appuient naturellement sur le succès des Voeux de l’Internet version française depuis 2004.

Ainsi c’est au tour de Strasbourg, siège du Parlement Européen que les organisateurs, très impliqués dans les deux sommets mondiaux de la société de l’information de Genève et de Tunis, souhaitent associer l’image de la « Nouvelle Europe » aux Nouvelles Technologies en organisant les Voeux de l’Internet Europe !

Cet événement bon enfant et sans prétention traduit l’expression même de la société civile européenne qui désire à sa manière souhaiter les voeux à elle-même de façon réticulaire et montante….

….et à quelques personnalités européennes motivées par les formidables enjeux de l’Internet et des nouvelles technologies en général choisies par un jury injuste à l’ordinaire et partial à souhait !

Auparavant et à titre d’introduction, les voeux traditionnellement orientés vers l’avenir, n’empêchent pas les organisateurs de donner la place à un Bilan SynthéTIC de l’année passée 2006.

l’Agenda Numérique 2007 entrera alors en scène : son objectif est de permettre à l’auditoire (et aux internautes par le biais des sites partenaires) de visualiser les manifestations 2007 et de dresser ainsi un premier panorama prospectif de la future année digitale.

La tradition veut que cela soit les initiateurs en personne qui colportent la bonne nouvelle de leurs propres événements à venir, dans l’arène de la salle en prise direct avec l’auditoire.

Les Golden At récompenseront quatre catégories : art ; politique ; économie et société civile. Le jury veillera à l’esprit du vote : quatre personnalités européennes au parcours innovant qui ont marqué l’année 2006 dans le monde du multimédia et des TIC.

Enfin cette soirée se terminera par le verre de l’amitié autour d’un buffet citoyen facilitant ainsi des conversations à bâton rompus, moment des plus attendus et sympathiques si l’en est.

  date : 16 janvier 2007
horaire : 19h – 22h
lieu : Association Parlementaire Européenne

Programme à titre indicatif Voeux Internet Europe 2007 :
Accueil
Discours introductif
Bilan SyntheTIC
Agenda Numérique
E-Toiles d’Or
Clôture
Buffet citoyen européen

World Tour of Information Society 130, route de Bordeaux
16400 La Couronne
0033 (0)873 050 469
0033 (0)676 080 141

Commissariat général : Denis Marion et Francis Muguet
denis.marion@wtis.org
francis.muguet@wtis.org

http://www.wtis.org/http://voeux-internet.net/

N° Siret 452 275 878 00011 N° Déclaration d’existence 0161098595 Marque déposée  » Voeux de l’Internet » tous droits réservés TFT Organisation.

liens : http://www.salgues.net/

 

 Remerciements et déclaration de Jean-Louis Fullsack,

Président de CSDPTT
( HYPERLINK « http://www.csdptt.org« )

Lauréat du « Golden At » au titre de la Société civile

 

 Honorables parlementaires européens, Mesdames, Messieurs, chers amis

Ce fut pour moi une agréable surprise d’entendre Denis Marion et Francis Muguet m’annoncer que le « Golden At » de la société civile me sera attribué ce soir. Je les en remercie personnellement avec un brin de fierté teintée d’émotion.

 Cependant, la distinction qui m’honore ce soir ne me revient pas à moi mais à l’ONG que j’ai l’honneur de présider, CSDPTT, car sans elle je ne serais pas ici. C’est donc à « mon » association et à l’engagement actif et désintéressé de mes camarades que je dédie cette récompense.

 Qu’est CSDPTT ? Coopération, Solidarité, Développement des PTT : tout est dit. Mais encore ?

Depuis 1990  nous sommes engagés sur le terrain -en Afrique francophone- en particulier dans le domaine des télécoms, pour raccorder au réseau fixe terrestre, des villages du Sahel isolés et ignorés par « le marché ». Nos membres, techniciens et ingénieurs « rois de la bidouille », y mouillent leur chemise avec nos partenaires africains. Au bout de leur commun effort, un accès durable grâce à notre principe de fonctionnement tripolaire : CSDPTT avec ses professionnels engagés de France Télécom et de La Poste d’une part, notre association sœur formée de professionnels de l’opérateur public national africain d’autre part, et enfin, l’association du village qui porte le projet d’accès depuis sa demande jusqu’à son exploitation

 Quant à nos membres de La Poste, ils sont agents ou cadres, fins connaisseurs de réseaux de services, d’Internet et du protocole IP. Ils interviennent en conseil, ou en formation des collègues africains et des utilisateurs des services, y compris des associations locales partenaires.

 D’autres membres sont des experts internationaux (dont UIT), anciens ou en activité, ce qui confère à l’association une bonne connaissance à la fois des mécanismes internationaux et –surtout- des réseaux en Afrique et de leurs spécificités très particulières, en grande partie ignorées, notamment par les bailleurs de fonds dont l’UE est le plus important. D’où mon interpellation des eurodéputés et membres de la Commission : écoutez CSDPTT plutôt que les 15 000 lobbyistes professionnels gravitant autour des tours vitrées de Bruxelles ! Conjointement avec ses spécialistes techniques déjà cités, ces experts confèrent à CSDPTT un précieux potentiel en termes de consultance auprès des responsables des opérateurs publics africains et en termes de formation de leurs cadres et techniciens. Ces deux activités ont constitué l’essentiel de notre engagement de l’an passé.

 S’agissant du SMSI, CSDPTT s’y est engagé dès le début, non pour le suivre mais pour y faire entendre sa voix, ses analyses et ses propositions. Je vous invite à visiter notre site   HYPERLINK « http://www.csdptt.org » pour vous rendre compte du travail que nous y avons effectué, par exemple en lisant nos contributions tant dans le cadre de la Plénière de la SC que dans celui des plénières intergouvernementales ou de leurs groupes de travail spécialisés. Je résume les trois axes essentiels qui ont présidé à la majorité de ces contributions:

  • Avant la « fracture numérique » les PeD, et plus particulièrement l’Afrique, souffrent de la « fracture «énergétique ». En conséquence, CSDPTT demande la prise en compte systématique des sources d’alimentation de type « énergie renouvelable » -notamment photovoltaïque- dans les projets TIC de ces pays.
  • L’UIT, à laquelle l’AG des Nations unies a confié le processus du SMSI et son suivi, doit recentrer son action sur ses fonctions constitutionnelles –le développement des télécommunications- et s’ouvrir à la société civile, afin de l’associer réellement dans le multi-partenariat recommandé par la Déclaration des principes du Sommet, condition sine qua non pour réussir la phase de mise en œuvre du Plan d’action du SMSI.
  • La politique des TIC en termes de développement doit donner la priorité à la création d’un accès au réseau télécoms/TIC pour chaque village dans les PeD,  notamment en Afrique. Cet objectif est d’une importance primordiale pour CSDPTT car il est un facteur essentiel pour le développement humain, social et économique de ces communautés et donc de leur pays.

Je profite, enfin, de la présence de parlementaires européens, pour dire combien les contacts avec eux et avec les hauts-fonctionnaires européens sont difficiles pour une ONG telle que CSDPTT … et son président. Je pratique ce sport à hauts risques -d’échec- depuis des années, et je ne constate pas beaucoup de progrès en contrepartie de mes engagements. Cette forme de politique de la tour d’ivoire a des conséquences néfastes et pour tout dire choquantes.

Ainsi, une bonne idée comme l’organisation des premières Journées Européennes du Développement (« EDDs ») en décembre dernier, a-elle été un fiasco car mal ciblée par ses géniteurs (la « gouvernance » -évidemment « bonne »- en était le thème comme si elle était le problème le plus urgent) et mal préparée, car sans concertation avec la société civile d’Europe et des pays ACP. Dans une Europe qui cherche un deuxième souffle pour s’affirmer, une telle attitude est carrément contre-productive. Je compte donc sur nos invités pour enclencher un changement significatif quant à l’inclusion de la Société civile ou au moins sa consultation dans les travaux et les projets entrepris par les institutions européennes dans l’avenir proche.

 Pour conclure, il me plaît de souligner qu’au même moment où son président reçoit le « Golden At », un autre membre de CSDPT se met en route pour le FSM de Nairobi où il présente au nom de notre association un atelier sur la privatisation des opérateurs publics de télécoms en Afrique, ses caractéristiques et ses conséquences, mais aussi nos propositions pour un autre développement des télécoms comme un service réellement public, et en tant que tel, outil d’aménagement du territoire pour les gouvernements des PeD.

Merci pour votre aimable attention.

En allemand

Einige Worte auf deutsch,

um die starke Beteiligung der deutschen Zivilgesellschaft (ZG) beim Weltgipfel für die Informationsgesellschaft zu unterstreichen.

In wenigstens zwei Hinsichten war diese klar zu erkennen :

  • Seitens der Personen  : Wolfgang, Ralf, Christine, Marianne, u.a.m. …
  • Seitens der Organisationen : die Heinrich Böll Stiftung war eine ideale Dachorganisation und hat wesentlich zum Informationsaustausch innerhalb der ZG sowie zwischen der ZG und den Regierungen beigetragen. 

 Im Allgemeinen haben die deutschen Gruppierungen durch ihre Analysen, Berichte und Vorschläge die gesamte ZG während des ganzen Weltgipfelprozesses stark geprägt

Dieser Beitrag hat die Dominanz der angelsächsichen Organisationen etwas gelindert und –schaue da !- indirekte Schützenhilfe für die französischsprachige Gruppierung („la francophonie“) aber auch für die spanischsprachige ZG geliefert. Hezlichen Dank also an unsere deutsche Freunde !

 

 Hommages …

A cette même cérémonie, Michel Rocard s’est vu attribuer « l’At d’Or » dans la catégorie politique (voir photo prise en cette soirée)

(elle sera insérée plus tard ; merci pour votre patience)

Neuf ans après cet événement, Michel Rocard nous a quittés. D’innombrables hommages lui ont été rendus jusqu’au plus haut niveau des institutions internationales et nationales.

 J’ai eu la grande chance de travailler avec Michel Rocard. Cela remonte à 1998. Il était alors Président de la Commission du Développement au Parlement européen et j’avais soumis à son attaché parlementaire mon concept de « la synergie inter-réseaux » (SIR) et sa méthodologie d’application pour les pays en développement, tout particulièrement africains. Il ne lui a pas fallu des semaines pour y réfléchir  … ou le laisser « sous le coude ». Nonobstant la « course d’obstacles » et le mur des lobbyistes qui entravent voire empêchent la société civile dans ses contacts avec le Parlement européen, Michel Rocard m’a reçu lors de la Session plénière qui a suivi ma requête. Accueil chaleureux pour un entretien prévu d’une heure … qui s’est prolongé bien au-delà car il avait trouvé ce concept non seulement intéressant mais innovant, notamment pour ce qui concerne le financement des infrastructures et l’efficacité de l’aide publique au développement dont l’UE est le contributeur mondial majeur. A l’issue de nos échanges sur la SIR et sur l’état des lieux des infrastructures générales –dont celles des télécommunications- en Afrique, Michel Rocard était convaincu de son adéquation, et qu’elle était en phase avec le partenariat, alors en préparation, entre l’UE et les pays  ACP.*

Mais il lui revenait d’en convaincre les membres de la Commission du développement et, au-delà, du Parlement européen. Il m’a donc demandé de montrer clairement le relations entre la SIR et le Programme du Fonds Européen pour le développement (FED), dont la huitième édition (1995-2000, Convention de Lomé IV et sa révision 4 bis) était en cours, et d’en évaluer l’impact financier et les  bénéficies de son application dans un Mémorandum à lui remettre dès que possible. Mes recherches dans les programmes d’infrastructures générales (routes, chemins de fer, électricité, oléo-et gazoducs, télécommunications) tant du FED que de la Commission de l’Union africaine, portant sur la période 1998-2003, ont montré qu’ils nécessitaient un volume d’investissement d’environ 5 milliards de dollars. L’application de la méthodologie de la SIR au domaine des infrastructures de télécommunications réaliserait –selon mes travaux de recherche dûment recensés et documentés- une économie entre 250 et 875 millions de dollars sur cinq ans, soit sensiblement de l’ordre de grandeur du montant financier du 8ème FED.  Le Mémorandum explicite lui a été remis en juillet 1998. Michel Rocard en était intimement convaincu et prêt à le soumettre à la Commission du développement du PE et aux parlementaires afin de le proposer sous une forme appropriée son principe à la Commission européenne.

 Hélas, les élections européennes de 1999 ont modifié sensiblement la composition du PE au profit des conservateurs du PPE ce qui a mis fin à la présidence de Michel Rocard à la Commission du développement … et aux perspectives de la SIR. Malgré une relance tentée en 2009-2010 auprès des instances européennes (Commission, BEI, PE), qui n’a pu aller plus loin que l’attaché parlementaire du président de la Commission du développement. Quand je vous ai dit que le dialogue entre la société civile et les instances européennes sont –et demeurent toujours- un parcours d’obstacles …

Raison de plus de ne pas oublier l’engagement européen, son attachement à la solidarité avec les PeD et plus particulièrement avec l’Afrique, même si nous avions quelques divergences sur certains projets discutables, tels que le pipeline Tchad-Cameroun.

C’est en toute sincérité que je tiens à honorer la mémoire de Michel Rocard.

Permettez-moi d’associer à cet hommage mon ami Francis Muguet qui nous a quittés, bien trop tôt et trop vite, voici bientôt 7 ans. Merci, cher Francis pour ton engagement, ta disponibilité et le spectre impressionnant de tes connaissances que tu aimais tant partager. Le SMSI nous a réunis et je garderai un souvenir toujours vivant de nos échanges et de nos contributions à cet événement mondial, ainsi que de ta rayonnante amitié.

Je n’oublierai jamais que je tu étais à côté de moi lors de mon arrêt cardiaque en pleine séance plénière du Forum du SMSI en mai 2009 à Genève, et ta vive réaction m’a valu d’être réanimé dans les meilleurs délais et donc de minimiser les séquelles … hors le bleu à l’œil comme le montre la photo (voir ci-dessous) prise au retour de mon séjour aux urgences de l’Hôpital cantonal de Genève ! A peine cinq mois plus tard, tu n’as pas eu la même chance, et c’est dans la solitude que tu as rendu l’âme. Cette injustice choquante m’interrogera toujours …

 (la photo sera insérée ultérieurement, merci pour votre compréhension)

Transsaharienne FO : Quelles contraintes? Quelle option ?

1 – L’information

Cable Compendium: a guide to the week’s submarine and terrestrial developments

5 Aug 2016 _ TeleGeography

International

(….)

ICT ministers from four African nations – Algeria, Mali, Niger and Chad – have met to discuss a project to construct a trans-Saharan fibre-optic cable to boost broadband connections between the north, west and central African regions of the continent. China’s state Xinhua News Agency reports that the officials discussed ‘the natural, structural and organisational’ issues that currently prohibit the full construction of the link. According to the New Partnership for Africa’s Development (NEPAD), the 4,500km terrestrial fibre-optic cable will follow the route of the Nigeria-Algeria trans-Sahara gas pipeline. NEPAD said that the Algerian section of the network has been completed and ‘is now fully operational’; a USD340,000 feasibility study for the onward connection to Chad has been completed and a similar study for Niger ‘is estimated to be completed in 2016.’

L’info selon Ecofin :

L’Algérie, le Mali, le Niger et le Tchad planchent sur une interconnexion par fibre optique

-   mercredi, 03 août 2016

(Agence Ecofin) – Les ministres en charge des télécommunications et technologies de l’information et de la communication d’Algérie, du Mali, du Niger et du Tchad se sont réunis le 28 juillet 2016 à N’djamena pour discuter d’une stratégie visant à interconnecter les quatre pays par une dorsale transsaharienne de fibre optique. Il a été soumis à cet effet aux ministres, pour validation, un document détaillant la nature de ce projet, tant en termes de contraintes naturelles, structurelles qu’organisationnelles.

Le projet, qui figure dans les politiques de développement des télécommunications et TIC des pays impliqués, vise à les doter d’une connectivité adéquate pour la réalisation de leurs ambitions de croissance économique et sociale portée par le numérique. La dorsale transsaharienne de fibre optique, dans chaque pays qu’elle traversera, devra renforcer et sécuriser la connectivité internationale large bande; offrir à la population un accès aux services TIC à un coût abordable; contribuer à la réduction de la pauvreté ; et contribuer au développement des services e-administration, e-éducation, e-santé, et e-commerce.

Note JLF : Avant de « sécuriser la connectivité internationale large bande », la dorsale transsaharienne exigera … d’être sécurisée contre tout acte de sabotage ce qui, au vu de son parcours dans des zones instables et/ou à hauts risques, exigera une surveillance et une protection permanentes très coûteuses tout en n’offrant qu’une sécurité relative.

D’après Michel Djiena Wembou, le représentant résidant de la Banque Africaine de Développement (BAD) au Tchad, dont les propos sont rapportés par Xinhua, cette dorsale de fibre optique soutenue par l’institution financière « permettra d’accélérer la diversification des économies des pays bénéficiaires à travers l’accès des populations et des entreprises à des services de télécommunications de qualité et à des coûts plus abordables ».

Muriel Edjo

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2 – Mon commentaire :

On espère que les ministres ont aussi évoqué les risques encourus par cette transsaharienne, évoqués dans ma note ci-dessus. Et évalué différentes solutions … et leurs coûts.

Plus généralement, un grand nombre de questions attend des réponses plus claires.

Les deux études de faisabilité de 340 000 $ évoqués par TeleGeography ont-elles intégré les risques auxquels doit faire face cet axe de communication ? Quelle est l’autorité qui a rédigé le Cahiers de charges de ces études et qui les a lancées et financées ? Quels en ont été les thèmes majeurs ? La sécurité, la gestion et l’entretien, l’organisation fonctionnelle et opérationnelle, les moyens humains, matériels et financiers (budget régulièrement abondé) sont-ils spécifiés ? Pour un projet dont le coût prévisionnel devrait être de l’ordre de plusieurs millions de dollars ces questions sont fondamentales.

On voit bien que ce projet est traité superficiellement et rapporté comme s’il s’agissait d’une artère réalisée dans un environnement pacifique et accueillant, bref sans problèmes ! Nulle part n’apparaît la problématique de la sécurisation de cette transsaharienne qui exigera une véritable organisation militaire transnationale que seule l’Algérie paraît en situation de mettre en oeuvre. Les réponses pertinentes à cette problématique sont les conditions sine qua non pour la faisabilité d’une telle artère.

Enfin, quid de la Transsaharienne routière, ce projet d’autoroute Alger – Lagos (voir carte ci-dessus) qui est dans les cartons du NEPAD depuis bien longtemps ? Voilà une plateforme idéale pour la pose d’une artère FO transsaharienne car accessible facilement et offrant les externalités les plus intéressantes pour sa réalisation (grâce à l’application de la méthodologie SIR) ! Un projet empruntant cet axe routier avait été développé par l’Union africaine (UA) ; il dort probablement sur une autre étagère au siège de l’UA (voir photo en tête de l’information) … En attendant on sort la transsaharienne FO Alger-Niger. Pour justifier une réunion de ministres ? Se rappellent-ils seulement que le Programme pour le développement des infrastructures en Afrique (acronyme PIDA), lancé en 2010 par l’UA présidée alors par Jean Ping, avait conçu très intelligemment le principe des Corridors multimodaux associant -selon les cas- route, voie ferrée, télécommunications, électricité et énergie sur un axe de communications vital pour l’Afrique dans un seul espace linéaire. Mieux, ces « sages » africains avaient donné la priorité à ces couloirs !

La raison et le réalisme –mais aussi l’économie au sens large- plaident en faveur de l’option selon laquelle la partie de l’artère Alger–Niger-Tchad desservant ces deux derniers soit une dérivation opérée sur l’axe/Couloir multimodal Alger-Lagos. Il faut donc étudier le site optimum de ce couloir le long de sa traversée du Niger (p.ex. Agadez) pour desservir en dérivation la capitale Niamey et le Tchad (NDjaména).

Mais dans tous les cas, ce projet doit comporter deux volets, complètement différents mais fortement corrélés : le volet technique avec son tracé et sa gestion, et le volet sécuritaire avec l’implantation et l’organisation d’intervention des forces armées et de sécurité des pays concernés. Seule cette approche, bidimensionnelle et simultanée, pourra conférer la viabilité indispensable au Corridor multimodal Alger-Lagos avec ses dérivations pour la desserte du Niger et du Tchad.